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25 avril 2014 5 25 /04 /avril /2014 09:57

Regardez autour de vous, humez l'air, touchez les objets qui vous entourent. Et posez-vous avec insistance la question suivante : "quelle est la vraie nature de cet univers ?". Est-il possible de le ressentir autrement ? De sortir du conditionnement imposé par les médias qui nous font croire que l'univers n'est rien d'autre que ce que je vois et ce que l'on m'en dit. Pour certains, notre univers est une "matrice" holographique "intelligente", une réalité "virtuelle" qui nous coupe de quelque chose de fondamental. C'est une prison enchantée. Et la raison profonde de nos errances, violences et souffrances. Nous allons tenter de comprendre ce que ces chercheurs veulent dire en un article en deux parties illustré par deux interviews exclusives: celles de David Icke et de Gerry Zeitlin…

Un petit avertissement

Dans cet article, nous allons particulièrement solliciter la réflexion et l'imagination du lecteur. Nous ferons appel à des concepts physiques qui peuvent avoir l'air rébarbatif, mais ne vous laissez pas leurrer et rebuter par cette apparente complexité. C'est uniquement du à "l'image de marque" que les médias se plaisent à véhiculer sur la science physique: un monde incompréhensible pour des non initiés, des gens comme nous, communs des mortels. C'est un mensonge. Les concepts généraux de la science physique sont accessibles à tous sans obligation de faire des années d'études universitaires préalables. C'est un univers fabuleux qui peut nous faire ressentir bien des choses sur la nature du monde et de nos perceptions. C'est une science qui peut nous aider à vivre. Il faut toutefois reconnaître humblement ses limites et par conséquent, les nôtres. La physique, l'astrophysique (étude de l'infiniment grand), la mécanique quantique (étude de l'infiniment petit) ne peuvent pas tout expliquer. En effet, pour expliquer une chose, un système, pour le décrire, il faut pouvoir l'observer de l'extérieur avec en plus, le devoir de ne pas l'influencer. Or, avec ces sciences, nous ne faisons qu'expliquer les choses dans lesquelles nous baignions et sur lesquelles nous ne pouvons pas avoir une vision objective et complète. Comment donc décrire en effet le monde en en faisant partie et sans s'en extraire? Deuxième bémol bien connu des physiciens étudiant les systèmes quantiques, c'est à dire la vie des particules les plus petites constituant la matière: on s'est aperçu que le simple fait d'observer ces particules pouvait influencer leur comportement. Incroyable ? Magique ? En apparence seulement ! Cela nous montre surtout que tout est interdépendant, tout est relié et pourquoi pas, que quelque part, tout ne fait qu'un. Mais là, nous entrons sans précaution dans le "religieux", dans le domaine de la croyance, dans la métaphysique. Nous vous souhaitons, cher lecteur, un bon séjour et un bon voyage dans le monde de la conscience et des particules élémentaires mais aussi dans celui de la conspiration qui y est lié ! Vous pourrez juger de la nature de ce lien…

L'étrange Mr David Icke

Vivons-nous dans un univers "prison" contrôlé, un gigantesque piège métaphysique dont la réalité illusoire nous coupe de nous-mêmes, de notre vrai potentiel? L'univers TEL QUE NOUS LE PERCEVONS ou TEL QU'ON NOUS LE FAIT PERCEVOIR est-il un gigantesque piège pour notre conscience ? Evoluons-nous dans une réalité virtuelle, "construite" à dessein pour faire de nous des esclaves ? Une vision très gnostique et pessimiste de l'existence ? Peut-être ! Cette manière ultra paranoïaque de poser les questions conditionne sans doute déjà le genre de réponses et comporte des prémisses, des préjugés fondamentaux sur la façon dont nous pouvons aborder notre monde. En posant ces questions sur la nature du réel de cette manière, nous considérons dès à présent que nous vivons dans un univers de prédation, de consommation dans lequel il y a des proies et des chasseurs, des consommateurs et des produits, des bourreaux et des victimes. Certes, nombres de religieux et de philosophes vous diront que notre monde ne peut se résumer à ce mode de fonctionnement bien trop réducteur : il existe le bien, le beau, le bon, il existe des merveilles en notre bas monde qui démentent le côté prédateur, débilitant, handicapant et aliénant du réel. Mais justement, le bien, le beau, le bon n'existent que parce que le mal, la laideur et la méchanceté existent. Notre monde est dual. Il est morcelé, séparé, constitué de parties, de briques, d'atomes. Nous sommes en perpétuelle recherche d'équilibre (ce que l'on appelle un système thermostatique en physique), de véritables funambules. C'est usant et enivrant. Tous, du moins certains d'entre nous, nous vivons avec cette lancinante sensation qu'il nous MANQUE quelque chose. Nous sommes constamment en sevrage de cette partie manquante, orphelin de quelque chose sur lequel nous ne pouvons pas mettre un nom, une partie manquante qui guide inconsciemment toutes nos actions, de l'envie de posséder à la peur de manquer jusqu'à parfois et pour certains, nous mener à la folie. Nous sommes les orphelins d'un réel trompeur !

Certains chercheurs, en quête de réponses à ces questions -qui sommes-nous, dans quel genre d'univers vivons nous, la nature de cet univers ne suscite-t-elle pas ce manque existentiel insondable?- ont mis en exergue certaines thèses fascinantes. Le film Matrix en est une parabole efficace, plutôt exagérée et très pessimiste. Les conspirationnistes ajouteront en toile de fond à cette représentation, un décor de sociétés secrètes, de religions et de perceptions du monde qui nous enferment encore plus. Mais cet ajout sombre n'est pas gratuit. C'est d'ailleurs là que se trouve la partie la plus fascinante des théories du contesté David Icke . Certes, l'homme a une réputation de conspirationniste quelque peu fantaisiste. Normal puisqu'il affirme sans vergogne que notre monde est manipulé par des entités extraterrestres reptiliennes mais aussi que la Reine d'Angleterre et bon nombre d'autres "grands" de ce monde sont des reptiliens. La plupart de ces affirmations semblent à première vue caricaturales et risibles mais c'est surtout une question de méthode et de style. C'est un homme direct qui ne prend aucun recul ni aucune précaution oratoire ou stylistique. Il semble aussi un peu désordonné et opère des raccourcis de pensée ébouriffants. Si ces livres comportent des erreurs et des raccourcis historiques, rien ne prouve qu'il nous raconte des mensonges. Bien au contraire. C'est juste rationnellement dur à avaler. La dernière partie de son œuvre, celle relative à l'hypothèse selon laquelle notre univers est une matrice et un piège pour notre conscience, est vraiment fascinante et repose sur de nombreux aspects scientifiques. Quant à l'apparent côté noir de sa théorie, quant aux raisons pour lesquelles cette matrice est forcément un piège, David Icke nous propose des postulats plutôt intéressants. Il affirme que l'univers est un hologramme, une projection en 3D dans laquelle notre conscience – elle-même dotée de propriétés holographiques- évolue. Icke extrapole avec talent les théories et constatations de certains chercheurs, certains physiciens qui ont révolutionné les conceptions classiques de la physique. Une dernière précision : sa "révélation" sur la Matrice lui est venue petit à petit et semble avoir pris une cohésion particulière à l'occasion d'une participation à des rituels sous Ayahuasca au Brésil. Nous en parlerons plus loin. L'homme nous a livré dans une interview exclusive des précisions supplémentaires sur sa vision du monde. Vous pouvez consulter le contenu de cet entretien dans la dernière partie de ce dossier (voir interview David Icke). Cet article est mis en parallèle avec un autre entretien exclusif, celui de Gerry Zeitlin , un astrophysicien ayant travaillé pour le projet Seti et qui ne partage pas tout à fait les vues de David Icke. Il estime qu'il ne faut pas prendre au pied de la lettre la métaphore selon laquelle l'univers est un hologramme et il ajoute que nous trouverons certainement une meilleure image pour illustrer ce à quoi ressemble notre univers au fil de notre avance scientifique et technologie. La raison du succès de la vision holographique tient au fait que les hologrammes étaient en vogue à l'époque.

Avant de nous immerger dans la version "Matrix" de Icke et dans ces interviews, nous allons faire un saut dans les lois physiques et l'univers de la mécanique quantique. Rassurez-vous, nous sommes tous capables de suivre.

Icke part donc de plusieurs postulats qui reposent sur des spéculations scientifiques étonnantes: nous vivons dans un univers de matière qui n'est en fait qu'une illusion. Notre mental, dopé et soigneusement guidé par notre ADN, nous amène à croire dur comme fer à cette illusion. Nous sommes en quelque sorte programmés à adhérer à cette illusion. Cette illusion est en réalité une gigantesque matrice énergétique consciente de son existence et qui a besoin de nous et de nos énergies pour exister. C'est notre adhésion consensuelle au réel qui renforce la puissance et l'existence de cette matrice. Le temps, l'espace et la matière sont les composants relatifs et illusoires de cette matrice. Cette matrice n'est pas au-delà du bien et du mal mais elle en est le siège. Elle n'a pour seule éthique que sa survie. Elle est une manifestation imparfaite. Elle est comme "déconnectée" du "parfait', de l'absolu. Des entités générées par cette matrice se sont incarnées pour nous contrôler, nous influencer et au besoin nous réprimer par le biais des religions, des sociétés secrètes et des autorités. Ces entités correspondent en quelque sorte à ces fameux agents du film The Matrix comme l'infâme "agent Smith". Nous en reparlerons.
Trop difficile à avaler ? Mais néanmoins séduisant ? Nous le comprenons. Seulement, en examinant ces propositions et prémisses dans le détail et en les mettant en relation avec des constatations et des découvertes de la physique, de la biologie, de l'astrophysique, de la médecine et de l'actualité, nous nous apercevrons que ces thèses sont plus que séduisantes, elles sont même pertinentes à certains égards. Nous allons donc nous embarquer dans une fantastique aventure sur la nature du réel.

Une découverte étonnante : la " communication " instantanée

En 1982, les travaux d'un physicien de l'Université de Paris, Alain Aspect, mettaient en évidence un événement tout à fait étonnant qui défiait en apparence les lois physiques d'Einstein relatives à la vitesse de la lumière : des particules subatomiques (NDR : particules plus petites que l'atome) "communiqueraient" entre elles, instantanément quelles que soient les distances qui les séparent, que cela soit 10 cm, 10 mètres ou 100 mètres ou 10 millions de kilomètres. Lorsqu'une particule se comporte d'une certaine manière, celle qui lui est liée "réagit" et se comporte de la même manière, instantanément. Elles communiqueraient donc en elles plus vite que la vitesse de la lumière ? Cette constatation violerait-elle la loi d'Einstein selon laquelle rien ne peut dépasser la "sacro-sainte" vitesse de la lumière ? En fait, on découvrait que ces particules infimes, -que l'on appelle les particules élémentaires, les plus petits composants repérés de la matière- se comportent non seulement de façon exotique mais qu'en plus, elles sont reliées entre elles par un lien étrange, quasi magique puisque la "communication" entre ces particules est instantanée, abolissant les notions de distances et de temps. Avec l'étude de ces particules élémentaires qui constituent la fibre, l'âme même de notre univers de matière, on se retrouve dans un univers où tout est lié, interdépendant, fluctuant, extraordinaire. On découvrait que ces particules étaient liées entre elles dans un " univers " sous-jacent au nôtre, sans doute en dehors du temps et de l'espace et que nous examinerons plus loin dans cet article.

Les constatations faites par certains physiciens comme David Bohm sur les comportements de ces particules élémentaires les ont amenés à penser que l'univers de matière dans lequel nous vivons est une illusion, une illusion "dense" et réelle pour notre cerveau mais une illusion néanmoins. Et que la matière et la conscience ne sont pas séparés mais se connectent, se "prolongent". La réalité objective, stable, n'existe pas. Des gens comme David Bohm ou Michael Talbotont comparé notre univers à un gigantesque hologramme, en 3 dimensions (sans compter la dimension du Temps). Nous allons voir pourquoi et comment.

La matière, une illusion ?

Prenons un exemple : la table sur laquelle se trouve installé votre ordinateur ou prenons tout simplement votre ordinateur. Votre cerveau vous dit qu'il s'agit d'une matière dense, dure, résistante. Vous pouvez vous cogner les mains à votre table, à votre PC et vous faire mal. Vous ne passerez pas au travers. Et pourtant, si vous "examinez" par exemple votre table ou votre ordinateur avec un microscope électronique à effet de tunnel, vous vous rendrez compte que cette matière est en réalité composée d'atomes de carbones et d'autres composants qui ne sont en fait que des particules qui "s'agitent" (spin) et qui sont soumises aux énergies électromagnétiques et à l'énergie électro-atomique. Ces particules ne sont en vérité pas des choses "solides" et c'est la force de cohésion qui existe entre ces particules "vibrillonnantes", "tournoyantes" qui donnent l'illusion de la solidité. Si vous étiez capable de faire "vibrer" les cellules, les composés organiques et les atomes de votre corps à une autre fréquence, vous seriez théoriquement capable de passer au travers de votre table, de votre ordinateur ! La force électromagnétique (et la force nucléaire forte qui assure la cohésion entre protons et neutrons qui forment le noyau de l'atome), jouant le rôle de cohésion de la matière nous empêche de traverser la table, de passer au travers des murs et empêche tout simplement la matière de se désagréger.

Ces particules élémentaires quantiques –ce monde de l'infiniment petit- se comportent de façon étrange car elles sont à la fois des particules et à la fois des ondes. Lorsqu'on veut examiner ces particules, au moment où l'on pense "voir" un corpuscule, la particule se comportera en fait comme une "onde" et vice et versa. La seule et vraie limite –certes très importante- à cette façon d'examiner la réalité revient à se demander si l'on peut véritablement expliquer le réel en décortiquant et en analysant l'infiniment petit et ce que l'on croit être les particules élémentaires ( photons, quarks etc.). L'acte d'examiner l'infiniment petit peut-il tout expliquer ? Et allons-nous assez loin dans l'infiniment petit ? Il y a peut-être plus "petit" encore. Il existe peut-être des niveaux dans la matière et dans le réel que l'on arrive pas à examiner et qui recèle encore bien des mystères !

Selon le principe d'incertitude d' Heisenberg , une autre "bizarrerie" qui montre en fait que tout est lié et interdépendant, " l'observateur est irrémédiablement lié au système quantique et que tout acte d'observation perturbe en effet ce système " (" Synchronicité " de F.David Peat, éditions Le Mail). C'est ainsi que l'on s'est posé la question de savoir jusqu'où un expérimentateur, lorsqu'il observe une expérience, un système physique, peut l'influencer. Par exemple, un "observateur" se trouve dans une pièce où est installée une machine qui génère des nombres aléatoires. Et bien, on s'est aperçu que cet observateur va influencer de façon infime mais mesurable la production de ces nombres aléatoires suivant son état émotionnel. Il existe même une discipline de la science qui étudie les technologies aptes à isoler des super ordinateurs, de gros calculateurs –souvent des systèmes de sécurité de navigation aérienne militaire ou encore des ordinateurs agissant dans des contextes financiers très sensibles- de toute influence, notamment de l'influence de l'homme.

Revenons maintenant à nos atomes et à leurs composants, les particules subatomiques et élémentaires. Par exemples : les électrons, protons, neutrons et à une échelle plus "petite", les quarks (particule hypothétique mais très utile) sans compter les gravitons (particule encore plus hypothétique), voire les psychons. Prenons une image : si vous prenez un atome d'hydrogène, son noyau (composé de neutrons et de protons) et l'électron qui gravite autour ; ce noyau ainsi que l'électron apparaissent plus ou moins comme des "particules" vibrantes, des énergies en mouvement plutôt que comme des "objets" solides si le physicien qui me lit permet cette image pas très orthodoxe. Si l'on veut examiner la notion de distance (à l'échelle bien entendu) entre ce noyau et cet électron, et que l'on les "agrandit" énormément aux dimension d'une cathédrale, le noyau aura la taille d'une pièce de 50 cents placée au centre de l'édifice tandis que l'électron gravitera à hauteur de la voûte de la cathédrale (une autre image : un grain de riz dans un terrain de foot). Le noyau compte 99,9% de la masse de l'atome mais n'occupe que le millionième de milliardième de son volume ! Autant dire que l'atome et donc la matière sont en fait essentiellement constitués de vide, comme le font remarquer certains physiciens. Du vide dans lequel s'agitent des "particules" qui sont en réalité de l'énergie et des ondes. La matière est donc du vide, ce qui très curieusement nous fait penser à des principes du Bouddhisme sur la nature du monde. Dans la conception bouddhiste, l'univers est une illusion constituée de vide (à ne pas confondre avec le " rien ", le non-être nihiliste). Chez les Bouddhistes, le vide désigne plutôt les potentialités de toute chose, ses virtualités. " En termes de vérités relatives, le Bouddhisme parle donc de "particules d'espace" qui ne représentent pas des objets mais un potentiel de manifestation. On parle ensuite de l'expression de ce "vide plein" sous la forme de cinq "souffles" qui se manifestent peu à peu en 5 éléments –air, eau, terre, feu et espace. Leur combinaison engendre une "soupe", un océan dont le barattage, sous l'effet de l'énergie initiale, produit les corps célestes, les continents, les montagnes, et finalement les êtres vivants. Voilà comment se forme un univers parmi l'infinité de ceux qui existent" nous affirme le biologiste et moine bouddhiste Mathieu Ricard("L'infini dans la paume de la main, du Big Bang à l'Eveil", Mathieu Ricard et Trinh Xuan Thuan , éditions Fayard, Paris, 2000). Quant à l'astrophysicien vietnamien Trinh Xuan Thuan, il précise : " la physique affirme que ce potentiel de manifestation est fourni par l'énergie du vide ". Et Ricard de poursuivre : "il s'agit d'une concrétisation apparente de cette énergie" . En d'autres termes, la matière est avant tout de l'énergie qui se manifeste dans le "vide" en "choisissant" un potentiel plutôt qu'un autre, en se manifestant sous une forme plutôt qu'une autre. Ces propos illustrent à merveille l'impression que l'on peut avoir sur le côté virtuel de la réalité : de l'énergie qui se manifeste en 3 D apparentes (plus la dimension temporelle) dans notre univers de matière. Une manifestation holographique en quelque sorte ? Pourquoi pas !

L'univers est-il un hologramme?

Qu'est-ce que d'abord qu'un hologramme ? Vous en avez peut-être déjà vu un. C'est une image en 3 dimensions souvent contenue dans un prisme et qui donne l'impression du relief. Un hologramme est fabriqué à l'aide d'un rayon laser qui se "dédouble" en passant à travers une surface semi-réfléchissante. Le rayon laser va donc "frapper" un miroir semi-transparent, semi-réfléchissant. Une partie du rayon sera reflétée vers l'objet que l'on veut projeter dans une "image à trois dimensions". Ce rayon scanne en quelque sorte l'objet puis va frapper par "rebond" la surface (le film) ou l'objet (par exemple un prisme) chargée d'accueillir l'hologramme. En même temps, la deuxième partie de ce rayon laser ne sera pas reflété par le miroir semi-transparent et donc le traversera. Cette deuxième partie du rayon laser appelé rayon de référence se dirigera tout droit vers cette surface d'impression ou ce prisme et y rencontrera le premier rayon laser qui a intercepté l'objet. C'est la rencontre des deux rayons qui restituera l'impression de 3 dimensions de l'objet. Très étrangement, si l'on coupe en deux ou en trois le prisme frappé par le laser et qui contient l'image en 3D (par exemple une fleur), on ne verra pas une fleur coupée en deux ou en trois mais bien deux (ou trois) représentations fidèles de la fleur. Chaque partie du prisme contient en lui l'intégralité des informations nécessaires qui permettront de rendre la totalité de l'image de l'objet tant qu'il est bien entendu frappé par le laser. Notre cerveau et surtout notre mémoire présentent des qualités holographiques. La mémoire fonctionnerait sur le même principe qu'un hologramme (peu importe qu'on enlève certaines parties de la "masse" cérébrale, la mémoire peut continuer de fonctionner), mais nous verrons cela plus loin. En fait, les hologrammes sont des projections d'énergie et de lumière qui apparaissent aux yeux de l'observateur sous la forme d'objets à trois dimensions alors qu'il s'agit en fait de vagues d'ondes qui prennent la forme illusoire de la 3D lorsqu'un laser intervient.

Les principaux architectes de cette idée étonnante selon laquelle notre univers serait une sorte d'hologramme sont incarnés par David Bohm , un physicien de l'Université de Londres et par Karl Pribram , un neurophysiologue à l'Université de Stanford qui s'est intéressé aux " langages du cerveau ". Tous deux sont arrivés à des conclusions similaires mais chacun dans sa propre discipline. Les deux hommes en arrivent à penser que notre univers, la matière mais également notre cerveau possèdent " d'indéniables propriétés holographiques ". Ce modèle holographique de l'univers explique à merveille, nous le verrons, les événements que nous qualifions de paranormaux (à défaut d'un autre terme plus valide) ou encore marqués par la synchronicité. Dans le modèle holographique, nous pouvons trouver des explications qui nous permettent de comprendre comment l'esprit peut influencer la matière. Pour ceux qui douteraient encore de l'existence de tels événements, les recherches et exemples mis en évidence par David Peatou David Bohm ou encore les expériences inombrables réalisées au laboratoire de Princeton ( Princenton Engineering Anomalies Research Lab) par le physicien Robert Jahn et la psychologue Brenda Dunne ont montré amplement que certaines machines peuvent être influencées par l'esprit d'êtres humains. Les théories et expériences visant à montrer qu'il existe un lien entre la matière et l'esprit sont très diversifiées et éloquentes. Ces mêmes expériences illustrent en vérité qu'il n'y a pas vraiment séparation entre ces deux domaines de l'esprit et de la matière ou du moins, que la séparation que nous avons établie, est purement artificielle. Citons par exemple la théorie des Psychons, sorte de particules quantiques hypothétiques émises par le cerveau, théorie qui tend à prouver que c'est la conscience qui contrôle et dirige le cerveau et non l'inverse. Mieux encore, le cerveau n'est pas le siège de la conscience, son moteur mais serait en quelque sorte une antenne, un récepteur ultra sophistiqué apte à servir d'intermédiaire avec nos 5 sens pour exprimer nos comportements et perceptions. Cela voudrait dire que notre conscience a besoin de notre cerveau pour se manifester, communiquer dans notre univers de matière. Mais cette même conscience peut exister "en dehors" du cerveau. Nous parlons ici de la survie de l'âme, de son potentiel d'éternité. Difficile à avaler pour les plus rationalistes d'entre nous. Dans l'expérience de John Eccles , prix Nobel, une personne plongée dans le noir et privée de tout stimulus doit tenter de détecter un attouchement à peine perceptible sur l'un de ses doigts. Or, les chercheurs ont observé après avoir répété un nombre suffisant de fois l'expérience sur un nombre statistiquement significatif de personnes que lorsque " la personne touchée se prépare à la détection, l'aire du cerveau correspondant au doigt s'active avant qu'il ne soit touché ". Citons en vrac les autres "hypothèses" et explication visant à montrer ce pont entre l'esprit et la matière : les univers supralumineux, le modèle holographique, les champs morphogénétiques, l'esprit holotropique, l'imaginaire neuronale etc… Nous n'examinerons évidemment pas l'ensemble de ces théories et recherches (elles méritent toutes un article) mais elles vont toutes dans le même sens : nous ne devons pas nous fier à l'impression que nous avons affaire à un univers purement physique, indépendant, isolé de notre esprit. Mais plutôt que nous sommes immergés dans une réalité virtuelle, holographique où tout est interconnecté. Comme le dit l'expression: " le monde et Dieu sont dans notre tête, pas à l'extérieur ". L'impression tangible que le monde est extérieur à nous est donc aussi une illusion, une sorte de programme de perception.

Revenons à notre modèle holographique et surtout à nos particules quantiques que nous avons évoquées au début de cet article. Pour Bohm tout comme pour Peat, l'idée que les particules élémentaires réagissent instantanément ensembles est un mirage. C'est une illusion non parce qu'elles communiquent entre elles à des vitesses supérieures à la vitesse de la lumière mais tout simplement parce que la notion d'espace (et donc de temps) qui sépare ces particules est en vérité une illusion. Une illusion certes très tenace, très solide mais une illusion quand même, une illusion inhérente au mode de fonctionnement et d'existence même de notre univers en 3 D apparentes (nous ne parlerons pas ici des autres dimensions hypothétiques pour ne pas compliquer notre propos). Bohm affirme qu'à un niveau plus profond de réalité, de telles particules ne sont pas des entités individuelles mais sont en réalité des extensions du même "quelque chose" essentiel, fondamental, d'une même particule. Il se demande si quelque part, au lieu d'avoir affaire à deux particules, nous aurions affaire à la même particule qui donnent l'impression de se "projeter" dans deux endroits distincts. Bohm livre une métaphore pour expliquer son point de vue. Imaginez un aquarium avec un poisson. Vous êtes dans l'incapacité de percevoir directement avec vos yeux l'aquarium en lui-même et la seule connaissance que vous avez de cet aquarium provient de deux caméras, l'une filmant la façade de l'aquarium, l'autre son côté. Vous voyez donc deux images sur deux moniteurs télés. Avec deux poissons. Deux images apparemment différentes du poisson puisqu'il s'agit de deux angles de vue différents. Et vous ne réalisez pas, de plus, que ces deux caméras filment le même aquarium et le même poisson. Vous vous apercevez que les deux poissons bougent exactement en même temps. En faisant les mêmes mouvements. Par quelle magie ? A moins qu'il ne s'agisse du même poisson filmé de deux angles différents et de deux caméras filmant les deux faces distinctes et apparemment séparées d'une même réalité. Si vous n'êtes pas au courant qu'il s'agit du même poisson, vous en conclurez que les deux poissons communiquent entre eux.

De cette image, Bohm affirme que l'observation des particules élémentaires constituant la trame de notre réel et évoluant par paires parfois séparées par d'immenses distances (certaines particules existent par paires comme les photons et par trois comme les quarks) nous occulte en fait l'existence d'une dimension cachée, sous jacente à laquelle nous ne sommes pas accommodés. Ces particules évoluent dans une autre dimension. Nous "voyons" ou plutôt percevons avec nos instruments de détection et de mesure ces particules subatomiques de façon séparée uniquement parce que notre perception du réelle est incomplète, tronquée, parce que nous ne percevons en fait qu'une partie de la réalité.

Les conséquences de ce modèle sont fabuleuses. Car si l'univers est la projection holographique de quelque chose, d'un autre réel auquel nous n'avons pas accès directement par nos 5 sens, cela veut dire que les éléments constitutifs de l'univers sont tous interconnectés à un niveau plus profond que nous ne pouvons pas déceler avec nos 5 sens holographiques. A un niveau plus profond, nous serions en quelque sorte reliés à toutes les choses dans l'univers, les étoiles dans le ciel, les océans, les poissons. Toute chose est interconnectée. C'est nous qui avons tendance à tout séparer, tout ranger en catégories, c'est une sorte de réflexe, de programme profondément inscrit en nous au cœur même de notre ADN, nous y reviendrons. C'est la cristallisation de nous-même et de notre univers dans cet hologramme qui nous donne l'impression très solide, très concrète que tout, dans la nature, même de la matière, est séparé par le temps et l'espace. Bohm, comme Einstein suggèrent : " nous devons nous souvenir que nous n'observons en fait pas la nature telle qu'elle existe réellement mais bien que cette même nature se révèle à nous, conditionnée par nos moyens de perception. Les théories détermineront ce que nous pouvons et ce que nous ne pouvons pas observer… La réalité est une illusion même si c'est une illusion persistante ".

Il nous affirme également : " Dans ce modèle holographique, chaque élément contient, tout comme dans un hologramme, la totalité de l'univers ". Le concept de totalité pour Bohm inclut en même temps l'esprit et la matière. Car pour revenir à l'image d'un prisme contenant une représentation holographique d'une fleur, si vous cassez le prisme en deux en trois ou en quatre, chaque élément contient la fleur dans sa totalité. L'image n'est pas localisée quelque part dans le prisme. Elle est potentiellement partout. Cela a l'air fou, mystérieux, magique. Mais les hologrammes obéissent simplement aux lois physiques, aux lois des particules et des objets quantiques. Les photons, qui sont à la fois particules et ondes, des "corps" de lumière émis par les atomes et l'ADN obéissent aux "lois" quantiques. Malheureusement, David Bohm, quoique doté d'un palmarès éloquent ne fut pas reconnu comme il aurait fallu par ses paires qui le considéraient comme trop "mystique". Quant aux "mystiques", il n'y en eut que très peu (exception notable de Krishnamurti , un incroyable personnage) qui acceptèrent de suivre ses subtils raisonnements physiques et métaphysiques.

D'autres modèles de représentation de l'univers

Il existe bien d'autres modèles de représentation de l'univers. A titre d'exemple, nous avons contacté l'astrophysicien Paul LaViolette qui semble ne pas assumer le modèle holographique, tout simplement parce que son modèle cinétique sub quantique se réfère à une autre vision de l'univers, une vision qui attache plus d'importance aux échanges d'énergies, aux systèmes dissipatifs et surtout au fait que l'univers, pour LaViolette est un système ouvert. Or, la vision holographique semble à première vue représenter l'image d'un système fermé, clos sur lui-même, auto suffisant. Et puis surtout, pour Paul LaViolettte, le modèle holographique est certes une image, une métaphore mais ce modèle évoque des systèmes optiques, des systèmes non-vivants. On comprend l'hésitation de notre chercheur à accepter d'extrapoler des constatations faites sur des modèles non-vivants –des images holographiques dans un prisme- vers l'univers du vivant, notre réalité. Ce saut brutal entre le non vivant et le vivant est-il justifié ? Certes, il y a les recherches de Pribram qui tendent à montrer que notre cerveau et notre mémoire, un système vivant, fonctionnent également comme un hologramme. Mais jusqu'où cette comparaison, cette image, cette représentation est-elle valable ? C'est la question que se pose Paul LaViolette. Il nous a déclaré dans un bref échange de courriers que nous avons eu ensemble : " Ce modèle émerge des recherches sur des systèmes non-vivants effectués dans le champ des recherches optiques. Le système cinétique sub-quantique (SQK, sub quantum Kinetic) d'un autre côté s'inspire de recherches sur les sciences de la vie, la biologie, les systèmes thermodynamiques non équilibrés et la chimie cinétique. Il n'y a pas de "rayon" de référence dans le modèle cinétique sub-quantique. La forme physique n'est pas dépendante d'une fréquence dans le modèle SQK. Même si le modèle SQK aboutit et partage certains concepts similaires au modèle holographique comme l'idée d'univers parallèle coexistant dans le même espace ou l'interconnexion d'espaces. A la place d'un rayon de référence, vous avez un éther en réaction et à la place d'hologrammes, vous avez des structures spatiales dissipatives. Pribram applique le modèle holographique à la fonction cérébrale. J'ai appliqué le modèle des systèmes ouverts au cerveau également, ce qui donne quelque chose de différent dans l'interprétation des fonctions cérébrales ". Nous nous attarderons à l'occasion d'un autre dossier sur les travaux de Paul LaViolette.

La mémoire est un hologramme également

Karl Pribram , le neurophysiologue de l'université de Stanford est lui aussi, dans sa propre discipline, arrivé à la même conclusion que l'univers est un hologramme, en travaillant sur la mémoire. Avec Bohm, ils ont tous deux abouti à la conclusion " que notre réalité physique est faîtes d'hologrammes qui nous donnent l'illusion de percevoir des objets en 3 dimensions alors qu'ils sont en fait rien de plus que des structures, des modèles composés par des ondes ". (Tales from the Time Loop , David Icke, Bridgle of Love). Pour revenir plus précisément à notre hologramme, le rayon laser qui frappe l'objet que l'on veut projeter en 3D va donc frapper sur une plaque photosensible, une "image vibratoire" de l'objet sur la plaque. L'autre rayon laser appelé rayon de référence va alors entrer en collision avec le rayon porteur de l'image induite. La collision ou la rencontre entre ces deux rayons va générer une "vague" d'interférence, un modèle d'interférence (un peu comme si les deux séries d'ondes concentriques créées sur un lac lorsque l'on y jette deux pierres à deux endroits différents se rencontrent. Là où les vagues, les cercles concentriques de la première pierre rencontrent les vagues en cercles concentriques de la seconde pierre naissent les vagues d'interférences). C'est à ce point de rencontre qu'émerge, grâce au laser, l'image en 3 dimensions de l'objet holographiques. De même, très étrangement, l'image formée sera non localisée à un endroit particulier mais partout et nulle part en même temps, comme si l'image ou l'information se propageait partout et nul part en particulier. Souvenez-vous du prisme contenant une image d'une fleur que l'on brise en deux ou en trois. Vous obtiendrez non pas une demi fleur ou un tiers de fleur mais une fleur entière dans chaque morceau du prisme. Curieusement, la définition de l'image sera moins bonne chaque fois que l'on coupe l'hologramme en deux.

Très grossièrement, on peut dire que notre cerveau et notre mémoire fonctionnent de la même manière. Notre cerveau lui-même travaille comme une sorte d'ordinateur holographique. La réalité se forme dans notre tête, à la conjonction de deux "champs d'ondes", celle émise par notre subconscient et celle émise par notre environnement extérieur et captée par nos 5 sens. De la troisième onde, résultant de la rencontre des deux précédentes, émerge la représentation que l'on se fait de notre environnement extérieur dans notre conscience. Les informations "enregistrées" dans notre mémoire ne sont pas stockées à des endroits particuliers mais bien plutôt " partout " dans le cerveau, comme un hologramme. Pribram a fait des expériences sur des rats sur lesquels il a pu démontrer cet aspect déconcertant de la mémoire. Peu importe les parties du cerveau du rat que Pribram enlevait par lobotomie, l'information mémorisée était toujours présente. En termes imagés, nos 5 sens et notre cerveau captent les vagues d'ondes, les champs d'ondes et de particules quantiques et les " reconstruisent sous la forme d'un hologramme, une image en 3 dimensions. En fait, la réalité matérielle n'existe que dans notre tête et nous ne faisons qu'un avec le monde ". " Tout est dans la tête " pourrait-on affirmer lorsque l'on résume les travaux de Pribram, Talbot et Bohm. C'est notre cerveau qui donnera un sens, une signification aux structures d'ondes de la réalité. Talbot, paraphrasant Pribram écrit à ce sujet: " Pour Pribram, le monde objectif n'existe pas, à tout le moins de la manière à laquelle nous sommes habitués de le percevoir. Ce qu'il y a "là-bas à l'extérieur" est un vaste océan d'ondes et de fréquences. La réalité prend une forme concrète à nos yeux parce que notre cerveau est capable de prendre en charge le brouillard holographique et le convertir en pierres, en morceaux de bois et en tout autre objet familier qui compose notre monde… En d'autres termes, la douceur d'une fine pièce de porcelaine chinoise ou la douce impression du sable fin sur une plage que nous foulons de nos pieds sont juste des versions élaborées du syndrome du membre manquant fantôme. Selon Pribram, cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas de porcelaine chinoise ou de sable fin. Cela signifie simplement que la tasse de porcelaine possède en elle deux aspects différents de sa réalité. Lorsqu'elle est filtrée par la sorte de "lentille optique" que représente notre cerveau, elle se manifeste sous la forme d'une tasse. Mais si nous pouvions faire abstraction de nos "lentilles", nous ferions l'expérience d'un champ d'interférence. Qu'est-ce qui est alors réel et qu'est ce qui est une illusion ? Les deux aspects sont réels ou encore les deux ne le sont pas ".

Quelque part, la métaphore d'une image télévisée fonctionne également. Avant tout, il s'agit de pixels, d'une série de coordonnées de points lumineux, d'ondes et de photons dans une image plane en deux dimensions. Notre cerveau la reconstruit en 3 dimensions. La réalité n'est finalement qu'une forme ultra sophistiquée d'image télévisée qui est construite dans et par notre conscience ou plutôt par notre subconscient qui jouerait le rôle de rayon de référence si l'on reprend l'image de l'hologramme. A côté des champs d'ondes holographiques de notre réel à 3 dimensions, nous devons également admettre que la réalité peut aussi se manifester sous la forme d'autres champs d'ondes sur des fréquences que nous ne percevons pas directement. Stanislav Grof , un spécialiste des états modifiés de conscience qui adhère lui aussi au modèle holographique est parvenu à montrer par ces travaux que ces autres réalités, les événements que nous qualifions de paranormaux, tout cela est relié et fait partie d'un vaste champ de réalités alternatives que nous pouvons percevoir que si nous nous " branchons " sur les bons canaux. Notre conscience, notre psyché ne se limite pas aux frontières strictes de notre cerveau mais elle peut voyager, explorer d'autres champs de réalité, voire d'autres consciences. C'est ce que Grof a nommé "l'esprit holotropique", un modèle où " la conscience peut explorer des vies antérieures, la conscience d'animaux, d'une planète ou du cosmos tout entier ". (lire: Stanislav Grof et HalZina Bennet , "The Holotropic Mind: The Three Levels of Human Consciousness and How They Shape Our Lives" Harper Collins 1992).

Les réalités alternatives

Mais nous pouvons encore aller plus loin car d'étranges phénomènes liés au corps humain tout entier semblent indiquer que ce dernier est une gigantesque "mémoire" qui n'est pas située quelque part dans le corps mais partout, à l'instar d'un hologramme. Preuve en est l'étude pratiquée par certains chercheurs sur les transplantations d'organes. Dans un article récent publié par les Dr Paul Pearsall , Gary Schwartz (tous deux professeurs de psychologie et de psychiatre à la Yale University) et Linda Russek (professeur de médecine à l'Université d'Arizona), ces pratriciens soulignent que l'on a pu observer des phénomènes étranges et des changements de comportements tout à fait bizarres auprès des transplantés: changements de comportements alimentaires, nouvelles passions inexpliquées pour telle ou telle activité artistique ou sportive, nouvelles phobies. Au départ, les médecins ont attribué ces troubles du comportement aux effets secondaires des médicaments donnés aux transplantés pour prévenir les désordres du système immunitaire. Mais l'on s'est aperçu que ces changements étaient liés aux personnalités des donneurs. William Novak , co-auteur d'un livre sur le sujet "A Change of Heart" spécule qu'il existe une mémorisation au niveau cellulaire ou encore " des mémoires cellulaires stockées dans les organes transplantés ". L'article de Nexus met en évidence des changements de personnalités parfois fondamentaux. Le corps humain ne peut être réduit à un complexe assemblage d'organes et ne se limite donc certainement pas à des réactions chimiques et électrochimiques mais doit être perçu comme un vaste système ouvert d'échanges d'énergies et d'informations. L'image offerte par le modèle holographique dans la mesure où la mémoire et la conscience ne sont pas localisées à des organes est très séduisante mais sachez qu'il existe bien d'autres modèles d'explication comme Gerry Zeitlin nous le fait remarquer indirectement dans son interview.

Qu'est-ce que la conscience ?

Si nous partons du point de vue que notre univers est holographique, est une représentation et une projection 3D de quelque chose de plus complexe (cette chose plus complexe résiderait et s'ordonnerait dans les champs morphogénétiques?), qu'est donc la conscience et l'intelligence d'un être vivant dans ce contexte? Quel est son lieu de résidence ? Uniquement dans le cerveau ? Sans cerveau, point de conscience ? C'est le point de vue de certains physiciens, philosophes et biologistes "mécanistes". Pour eux, l'esprit et la conscience sont des concepts inutiles "car la science est capable de rendre compte des comportements humains en se fondant sur les seules réactions électrochimiques du cerveau" (Synchronicité, un pont entre l'esprit et la matière, David Peat, Editions Le Mail). Des scientifiques qui se sont "amusés" à étudier des organismes très simples comme les vers marins, dotés d'un système nerveux élémentaire en ont conclu que l'on pouvait expliquer tous les comportements des vers par une série de réactions chimiques et électriques du réseau nerveux de la bête. Par conséquent, l'analogie avec l'homme peut-être faite, l'homme étant uniquement une mécanique infiniment plus complexe que le ver. " Les comportements les plus simples peuvent s'expliquer en fonction de processus matériels. Bien qu'il y ait un pas considérable à franchir pour extrapoler et passer du ver marin à l'humain, des neurologues prétendent que ce n'est qu'une question de degré de complexité. Autrement dit, le comportement humain pourrait être fragmenté en une série complexe d'éléments simples, chacun d'eux pouvant être associé à un processus électrochimique du cerveau. Il n'y aurait pas besoin de "deus ex machina" de l'esprit pour expliquer les comportements humains " a écrit David Peat au sujet de ces scientifiques "mécanistes". Bref, la conscience, l'intelligence ne comportent aucun mystère: il s'agit juste d'une série de décharges électriques et de réactions chimiques certes très complexes, infiniment complexes en apparence, mais en définitive simples et qui génèrent ce que l'on appelle notre intelligence. Pas besoin dans cette vision d'une "conscience" qui plane au-dessus du cerveau et qui s'en sert comme d'un réseau et d'une antenne pour vivre et élaborer de la pensée. La pensée n'est qu'une conséquence anecdotique de ces réactions électrochimiques, un "témoin" comme quoi le corps fonctionne. Triste vision que celle-ci qui fait de l'homme une pure machine mais qui a l'admirable vertu de rassurer des scientifiques qui ont besoin de montrer à l'homme qu'il n'est rien et que la science a tout pouvoir pour tout expliquer. Pour reprendre une analogie, une image que David Peat emploie dans son livre pour illustrer cette conception, on pourrait comparer l'homme à un ordinateur couplé avec une sorte de tableau de bord garni de petites lampes. Chaque fois que l'ordinateur "pense" et élabore des opérations de calculs, des petites lampes témoins s'allument à certaines vitesses pour rythmer les calculs et opérations effectués par l'ordinateur. Vu de l'extérieur, pour un observateur non averti, en regardant ces petites lampes, il dirait que l'ordinateur pense, s'active, en nous donnant le spectacle de son intelligence en train de fonctionner. La conscience de l'homme serait alors comme ces petites lampes, un épiphénomène des processus électroniques internes de la machine. Peat ajoute: "Ainsi soutiennent nos scientifiques, de même que le pancréas secrète un liquide pour aider la digestion de la nourriture, le système nerveux physique secrèterait la conscience pour signaler que le cerveau fonctionne. Ce signal aurait de grands avantages car il rendrait compte de l'état courant des diverses activités du cerveau et indiquerait ses modifications. Mais pas plus que les lampes de l'ordinateur ne dirigeraient son fonctionnement interne, ce signal ne dirigerait le cerveau physique ".

A cette vision très triste, réductrice, mécaniste de la conscience s'oppose une autre vision qui affirme que l'ordre des choses est bien trop complexe pour être résumé en une simple suite d'opérations purement logiques (événement A suivi de B suivi de C, chaque chose étant la conséquence logique de l'autre en une suite toujours prévisible). La mécanique quantique et l'étude de l'infiniment petit, des particules élémentaires nous apprennent au contraire à rester modeste, à nous dire qu'il est simplement idiot et vaniteux de pouvoir tout prévoir et résumer en une suite de réactions physiques, chimiques et électriques prévisibles. Il existe des principes dans la physique où l'aléatoire, le chaos, le non prévisible et en quelque sorte, pourquoi pas, le libre arbitre se révèlent être des principes fondamentaux. Il n'y a pas lieu de donner la prépondérance à la matière en estimant que la matière dirige tout (ou commande à la conscience qui ne serait qu'une chose accessoire). Il n'y a pas lieu de séparer ainsi artificiellement l'esprit de la matière, la conscience du cerveau comme si l'un n'avait pas d'influences sur l'autre. Tout est lié, interdépendant comme le montrent si bien certains autres chercheurs en "anomalies" et en mécanique quantique. Nous pourrions même oser une autre image : la matière est juste un niveau plus dense d'une même réalité dont fait partie la conscience qui elle, en est le prolongement à un niveau moins dense. Il y aurait des ordres subtils dans la matière. " Au lieu d'avoir besoin d'une hypothétique force de vie pour expliquer la vie, il s'avéra que l'on pouvait comprendre ce phénomène en admettant que la matière contienne une gamme d'ordres plus larges et plus subtils… Toute la notion de monde matériel a sans cesse été élargie en des champs de complexité et de subtilité de plus en plus grands jusqu'à nos jours où il est possible de spéculer que cet ordre continuera à être étendu de plus en plus profondément, sans limite " nous déclare David Peat. Exit la dépendance de la conscience à son soi-disant siège, le cerveau. D'une part, un grand nombre d'expériences ont montré que cette vision était fausse, d'autre part, toute une série d'événements que l'on qualifie de "paranormaux" (ou d'anomalies) comme la Synchronicité, mais aussi les expériences de décorporation, le remote viewing, et les NDE (near death experience) signifient que la conscience n'a pas nécessairement besoin de la "gelée" cérébrale pour fonctionner. On dirait que notre conscience a surtout besoin de cette gelée, de cette masse " circonvoluante " pour capter et émettre des informations dans le strict monde 3 D qui est le nôtre. C'est du moins l'hypothèse fascinante de NigelKerner que nous avons déjà évoquée à plusieurs reprises dans Karmapolis. Il va plus loin dans son livre (Song of the Greys) en montrant que le cerveau relié au squelette constitue une sorte d'antenne multidirectionnelle avec les bras, les jambes, la colonne vertébrale (une structure, un schéma de base que l'on retrouve chez tous les êtres vivants, de la fourmi au bœuf en passant par l'homme), une antenne capable de capter une multitude de signaux, de les filtrer, les traiter et émettre en retour pour communiquer et interagir avec l'environnement. Notre lien avec Dieu, la divinité ; à savoir la "qualité" du signal qui nous relie à notre créateur, serait altéré par la nature "entropique", chaotique de notre univers imparfait en 3D. Mais nous sortons quelque peu du propos.

Pour en revenir à l'hologramme, notre conscience a des propriétés holographiques et perçoit et analyse le monde et l'univers qui l'entoure comme une projection holographique. Nos yeux sont comparables au rayon laser de même que notre sens du touché, notre ouïe et notre goût. Cela peut sembler fou mais en vérité, Il n'y a pas de grandes différences entre ouie, touché, goût et odorat. Ce sont juste des capteurs et des niveaux différents de captation d'ondes, d'énergie et de "particules" (particules odorantes et gustatives, particules de lumière, photons qui viennent frapper la rétine etc.). Un aveugle arrive à modéliser dans sa conscience un objet par le touché et même avec la langue depuis que l'on s'est aperçu que la langue comportait un nombre incroyable de "capteurs" très voisins des capteurs oculaires. Le cerveau serait capable de modéliser, de se représenter un objet en 3 dimensions avec la langue si la personne était privée de ses autres sens. L'image de l'objet " capturée " par les "sens" (yeux, langue, touché etc.) est reconstruite dans notre tête et est partout et nulle part dans le cerveau. Comme un hologramme, elle n'est pas "stockée" dans une zone matérielle, "physique" et précise du cerveau. Cette image n'est pas l'objet mais une représentation virtuelle de l'objet. C'est dire à quel point la réalité est une chose fluctuante, irréelle, virtuelle, constituée surtout par de l'information. Une vraie Matrice ? C'est ce que nous allons voir dans la deuxième partie de ce dossier : à savoir comment tout ce système s'organise et fonctionne. Est-ce que l'on peut structurer et représenter notre univers sous la forme de ce modèle ? Bienvenue dans l'hypothèse Matrix.

Regardez autour de vous, humez l'air, touchez les objets qui vous entourent. Et posez-vous avec insistance la question suivante : "quelle est la vraie nature de cet univers ?". Est-il possible de le ressentir autrement ? De sortir du conditionnement imposé par les médias qui nous font croire que l'univers n'est rien d'autre que ce que je vois et ce que l'on m'en dit. Pour certains, notre univers est une "matrice" holographique "intelligente", une réalité "virtuelle" qui nous coupe de quelque chose de fondamental. C'est une prison enchantée. Et la raison profonde de nos errances, violences et souffrances. Nous allons tenter de comprendre ce que ces chercheurs veulent dire en un article en deux parties illustré par deux interviews exclusives: celles de David Icke et de Gerry Zeitlin…

Un petit avertissement

Dans cet article, nous allons particulièrement solliciter la réflexion et l'imagination du lecteur. Nous ferons appel à des concepts physiques qui peuvent avoir l'air rébarbatif, mais ne vous laissez pas leurrer et rebuter par cette apparente complexité. C'est uniquement du à "l'image de marque" que les médias se plaisent à véhiculer sur la science physique: un monde incompréhensible pour des non initiés, des gens comme nous, communs des mortels. C'est un mensonge. Les concepts généraux de la science physique sont accessibles à tous sans obligation de faire des années d'études universitaires préalables. C'est un univers fabuleux qui peut nous faire ressentir bien des choses sur la nature du monde et de nos perceptions. C'est une science qui peut nous aider à vivre. Il faut toutefois reconnaître humblement ses limites et par conséquent, les nôtres. La physique, l'astrophysique (étude de l'infiniment grand), la mécanique quantique (étude de l'infiniment petit) ne peuvent pas tout expliquer. En effet, pour expliquer une chose, un système, pour le décrire, il faut pouvoir l'observer de l'extérieur avec en plus, le devoir de ne pas l'influencer. Or, avec ces sciences, nous ne faisons qu'expliquer les choses dans lesquelles nous baignions et sur lesquelles nous ne pouvons pas avoir une vision objective et complète. Comment donc décrire en effet le monde en en faisant partie et sans s'en extraire? Deuxième bémol bien connu des physiciens étudiant les systèmes quantiques, c'est à dire la vie des particules les plus petites constituant la matière: on s'est aperçu que le simple fait d'observer ces particules pouvait influencer leur comportement. Incroyable ? Magique ? En apparence seulement ! Cela nous montre surtout que tout est interdépendant, tout est relié et pourquoi pas, que quelque part, tout ne fait qu'un. Mais là, nous entrons sans précaution dans le "religieux", dans le domaine de la croyance, dans la métaphysique. Nous vous souhaitons, cher lecteur, un bon séjour et un bon voyage dans le monde de la conscience et des particules élémentaires mais aussi dans celui de la conspiration qui y est lié ! Vous pourrez juger de la nature de ce lien…

L'étrange Mr David Icke

Vivons-nous dans un univers "prison" contrôlé, un gigantesque piège métaphysique dont la réalité illusoire nous coupe de nous-mêmes, de notre vrai potentiel? L'univers TEL QUE NOUS LE PERCEVONS ou TEL QU'ON NOUS LE FAIT PERCEVOIR est-il un gigantesque piège pour notre conscience ? Evoluons-nous dans une réalité virtuelle, "construite" à dessein pour faire de nous des esclaves ? Une vision très gnostique et pessimiste de l'existence ? Peut-être ! Cette manière ultra paranoïaque de poser les questions conditionne sans doute déjà le genre de réponses et comporte des prémisses, des préjugés fondamentaux sur la façon dont nous pouvons aborder notre monde. En posant ces questions sur la nature du réel de cette manière, nous considérons dès à présent que nous vivons dans un univers de prédation, de consommation dans lequel il y a des proies et des chasseurs, des consommateurs et des produits, des bourreaux et des victimes. Certes, nombres de religieux et de philosophes vous diront que notre monde ne peut se résumer à ce mode de fonctionnement bien trop réducteur : il existe le bien, le beau, le bon, il existe des merveilles en notre bas monde qui démentent le côté prédateur, débilitant, handicapant et aliénant du réel. Mais justement, le bien, le beau, le bon n'existent que parce que le mal, la laideur et la méchanceté existent. Notre monde est dual. Il est morcelé, séparé, constitué de parties, de briques, d'atomes. Nous sommes en perpétuelle recherche d'équilibre (ce que l'on appelle un système thermostatique en physique), de véritables funambules. C'est usant et enivrant. Tous, du moins certains d'entre nous, nous vivons avec cette lancinante sensation qu'il nous MANQUE quelque chose. Nous sommes constamment en sevrage de cette partie manquante, orphelin de quelque chose sur lequel nous ne pouvons pas mettre un nom, une partie manquante qui guide inconsciemment toutes nos actions, de l'envie de posséder à la peur de manquer jusqu'à parfois et pour certains, nous mener à la folie. Nous sommes les orphelins d'un réel trompeur !

Certains chercheurs, en quête de réponses à ces questions -qui sommes-nous, dans quel genre d'univers vivons nous, la nature de cet univers ne suscite-t-elle pas ce manque existentiel insondable?- ont mis en exergue certaines thèses fascinantes. Le film Matrix en est une parabole efficace, plutôt exagérée et très pessimiste. Les conspirationnistes ajouteront en toile de fond à cette représentation, un décor de sociétés secrètes, de religions et de perceptions du monde qui nous enferment encore plus. Mais cet ajout sombre n'est pas gratuit. C'est d'ailleurs là que se trouve la partie la plus fascinante des théories du contesté David Icke . Certes, l'homme a une réputation de conspirationniste quelque peu fantaisiste. Normal puisqu'il affirme sans vergogne que notre monde est manipulé par des entités extraterrestres reptiliennes mais aussi que la Reine d'Angleterre et bon nombre d'autres "grands" de ce monde sont des reptiliens. La plupart de ces affirmations semblent à première vue caricaturales et risibles mais c'est surtout une question de méthode et de style. C'est un homme direct qui ne prend aucun recul ni aucune précaution oratoire ou stylistique. Il semble aussi un peu désordonné et opère des raccourcis de pensée ébouriffants. Si ces livres comportent des erreurs et des raccourcis historiques, rien ne prouve qu'il nous raconte des mensonges. Bien au contraire. C'est juste rationnellement dur à avaler. La dernière partie de son œuvre, celle relative à l'hypothèse selon laquelle notre univers est une matrice et un piège pour notre conscience, est vraiment fascinante et repose sur de nombreux aspects scientifiques. Quant à l'apparent côté noir de sa théorie, quant aux raisons pour lesquelles cette matrice est forcément un piège, David Icke nous propose des postulats plutôt intéressants. Il affirme que l'univers est un hologramme, une projection en 3D dans laquelle notre conscience – elle-même dotée de propriétés holographiques- évolue. Icke extrapole avec talent les théories et constatations de certains chercheurs, certains physiciens qui ont révolutionné les conceptions classiques de la physique. Une dernière précision : sa "révélation" sur la Matrice lui est venue petit à petit et semble avoir pris une cohésion particulière à l'occasion d'une participation à des rituels sous Ayahuasca au Brésil. Nous en parlerons plus loin. L'homme nous a livré dans une interview exclusive des précisions supplémentaires sur sa vision du monde. Vous pouvez consulter le contenu de cet entretien dans la dernière partie de ce dossier (voir interview David Icke). Cet article est mis en parallèle avec un autre entretien exclusif, celui de Gerry Zeitlin , un astrophysicien ayant travaillé pour le projet Seti et qui ne partage pas tout à fait les vues de David Icke. Il estime qu'il ne faut pas prendre au pied de la lettre la métaphore selon laquelle l'univers est un hologramme et il ajoute que nous trouverons certainement une meilleure image pour illustrer ce à quoi ressemble notre univers au fil de notre avance scientifique et technologie. La raison du succès de la vision holographique tient au fait que les hologrammes étaient en vogue à l'époque.

Avant de nous immerger dans la version "Matrix" de Icke et dans ces interviews, nous allons faire un saut dans les lois physiques et l'univers de la mécanique quantique. Rassurez-vous, nous sommes tous capables de suivre.

Icke part donc de plusieurs postulats qui reposent sur des spéculations scientifiques étonnantes: nous vivons dans un univers de matière qui n'est en fait qu'une illusion. Notre mental, dopé et soigneusement guidé par notre ADN, nous amène à croire dur comme fer à cette illusion. Nous sommes en quelque sorte programmés à adhérer à cette illusion. Cette illusion est en réalité une gigantesque matrice énergétique consciente de son existence et qui a besoin de nous et de nos énergies pour exister. C'est notre adhésion consensuelle au réel qui renforce la puissance et l'existence de cette matrice. Le temps, l'espace et la matière sont les composants relatifs et illusoires de cette matrice. Cette matrice n'est pas au-delà du bien et du mal mais elle en est le siège. Elle n'a pour seule éthique que sa survie. Elle est une manifestation imparfaite. Elle est comme "déconnectée" du "parfait', de l'absolu. Des entités générées par cette matrice se sont incarnées pour nous contrôler, nous influencer et au besoin nous réprimer par le biais des religions, des sociétés secrètes et des autorités. Ces entités correspondent en quelque sorte à ces fameux agents du film The Matrix comme l'infâme "agent Smith". Nous en reparlerons.
Trop difficile à avaler ? Mais néanmoins séduisant ? Nous le comprenons. Seulement, en examinant ces propositions et prémisses dans le détail et en les mettant en relation avec des constatations et des découvertes de la physique, de la biologie, de l'astrophysique, de la médecine et de l'actualité, nous nous apercevrons que ces thèses sont plus que séduisantes, elles sont même pertinentes à certains égards. Nous allons donc nous embarquer dans une fantastique aventure sur la nature du réel.

Une découverte étonnante : la " communication " instantanée

En 1982, les travaux d'un physicien de l'Université de Paris, Alain Aspect, mettaient en évidence un événement tout à fait étonnant qui défiait en apparence les lois physiques d'Einstein relatives à la vitesse de la lumière : des particules subatomiques (NDR : particules plus petites que l'atome) "communiqueraient" entre elles, instantanément quelles que soient les distances qui les séparent, que cela soit 10 cm, 10 mètres ou 100 mètres ou 10 millions de kilomètres. Lorsqu'une particule se comporte d'une certaine manière, celle qui lui est liée "réagit" et se comporte de la même manière, instantanément. Elles communiqueraient donc en elles plus vite que la vitesse de la lumière ? Cette constatation violerait-elle la loi d'Einstein selon laquelle rien ne peut dépasser la "sacro-sainte" vitesse de la lumière ? En fait, on découvrait que ces particules infimes, -que l'on appelle les particules élémentaires, les plus petits composants repérés de la matière- se comportent non seulement de façon exotique mais qu'en plus, elles sont reliées entre elles par un lien étrange, quasi magique puisque la "communication" entre ces particules est instantanée, abolissant les notions de distances et de temps. Avec l'étude de ces particules élémentaires qui constituent la fibre, l'âme même de notre univers de matière, on se retrouve dans un univers où tout est lié, interdépendant, fluctuant, extraordinaire. On découvrait que ces particules étaient liées entre elles dans un " univers " sous-jacent au nôtre, sans doute en dehors du temps et de l'espace et que nous examinerons plus loin dans cet article.

Les constatations faites par certains physiciens comme David Bohm sur les comportements de ces particules élémentaires les ont amenés à penser que l'univers de matière dans lequel nous vivons est une illusion, une illusion "dense" et réelle pour notre cerveau mais une illusion néanmoins. Et que la matière et la conscience ne sont pas séparés mais se connectent, se "prolongent". La réalité objective, stable, n'existe pas. Des gens comme David Bohm ou Michael Talbotont comparé notre univers à un gigantesque hologramme, en 3 dimensions (sans compter la dimension du Temps). Nous allons voir pourquoi et comment.

La matière, une illusion ?

Prenons un exemple : la table sur laquelle se trouve installé votre ordinateur ou prenons tout simplement votre ordinateur. Votre cerveau vous dit qu'il s'agit d'une matière dense, dure, résistante. Vous pouvez vous cogner les mains à votre table, à votre PC et vous faire mal. Vous ne passerez pas au travers. Et pourtant, si vous "examinez" par exemple votre table ou votre ordinateur avec un microscope électronique à effet de tunnel, vous vous rendrez compte que cette matière est en réalité composée d'atomes de carbones et d'autres composants qui ne sont en fait que des particules qui "s'agitent" (spin) et qui sont soumises aux énergies électromagnétiques et à l'énergie électro-atomique. Ces particules ne sont en vérité pas des choses "solides" et c'est la force de cohésion qui existe entre ces particules "vibrillonnantes", "tournoyantes" qui donnent l'illusion de la solidité. Si vous étiez capable de faire "vibrer" les cellules, les composés organiques et les atomes de votre corps à une autre fréquence, vous seriez théoriquement capable de passer au travers de votre table, de votre ordinateur ! La force électromagnétique (et la force nucléaire forte qui assure la cohésion entre protons et neutrons qui forment le noyau de l'atome), jouant le rôle de cohésion de la matière nous empêche de traverser la table, de passer au travers des murs et empêche tout simplement la matière de se désagréger.

Ces particules élémentaires quantiques –ce monde de l'infiniment petit- se comportent de façon étrange car elles sont à la fois des particules et à la fois des ondes. Lorsqu'on veut examiner ces particules, au moment où l'on pense "voir" un corpuscule, la particule se comportera en fait comme une "onde" et vice et versa. La seule et vraie limite –certes très importante- à cette façon d'examiner la réalité revient à se demander si l'on peut véritablement expliquer le réel en décortiquant et en analysant l'infiniment petit et ce que l'on croit être les particules élémentaires ( photons, quarks etc.). L'acte d'examiner l'infiniment petit peut-il tout expliquer ? Et allons-nous assez loin dans l'infiniment petit ? Il y a peut-être plus "petit" encore. Il existe peut-être des niveaux dans la matière et dans le réel que l'on arrive pas à examiner et qui recèle encore bien des mystères !

Selon le principe d'incertitude d' Heisenberg , une autre "bizarrerie" qui montre en fait que tout est lié et interdépendant, " l'observateur est irrémédiablement lié au système quantique et que tout acte d'observation perturbe en effet ce système " (" Synchronicité " de F.David Peat, éditions Le Mail). C'est ainsi que l'on s'est posé la question de savoir jusqu'où un expérimentateur, lorsqu'il observe une expérience, un système physique, peut l'influencer. Par exemple, un "observateur" se trouve dans une pièce où est installée une machine qui génère des nombres aléatoires. Et bien, on s'est aperçu que cet observateur va influencer de façon infime mais mesurable la production de ces nombres aléatoires suivant son état émotionnel. Il existe même une discipline de la science qui étudie les technologies aptes à isoler des super ordinateurs, de gros calculateurs –souvent des systèmes de sécurité de navigation aérienne militaire ou encore des ordinateurs agissant dans des contextes financiers très sensibles- de toute influence, notamment de l'influence de l'homme.

Revenons maintenant à nos atomes et à leurs composants, les particules subatomiques et élémentaires. Par exemples : les électrons, protons, neutrons et à une échelle plus "petite", les quarks (particule hypothétique mais très utile) sans compter les gravitons (particule encore plus hypothétique), voire les psychons. Prenons une image : si vous prenez un atome d'hydrogène, son noyau (composé de neutrons et de protons) et l'électron qui gravite autour ; ce noyau ainsi que l'électron apparaissent plus ou moins comme des "particules" vibrantes, des énergies en mouvement plutôt que comme des "objets" solides si le physicien qui me lit permet cette image pas très orthodoxe. Si l'on veut examiner la notion de distance (à l'échelle bien entendu) entre ce noyau et cet électron, et que l'on les "agrandit" énormément aux dimension d'une cathédrale, le noyau aura la taille d'une pièce de 50 cents placée au centre de l'édifice tandis que l'électron gravitera à hauteur de la voûte de la cathédrale (une autre image : un grain de riz dans un terrain de foot). Le noyau compte 99,9% de la masse de l'atome mais n'occupe que le millionième de milliardième de son volume ! Autant dire que l'atome et donc la matière sont en fait essentiellement constitués de vide, comme le font remarquer certains physiciens. Du vide dans lequel s'agitent des "particules" qui sont en réalité de l'énergie et des ondes. La matière est donc du vide, ce qui très curieusement nous fait penser à des principes du Bouddhisme sur la nature du monde. Dans la conception bouddhiste, l'univers est une illusion constituée de vide (à ne pas confondre avec le " rien ", le non-être nihiliste). Chez les Bouddhistes, le vide désigne plutôt les potentialités de toute chose, ses virtualités. " En termes de vérités relatives, le Bouddhisme parle donc de "particules d'espace" qui ne représentent pas des objets mais un potentiel de manifestation. On parle ensuite de l'expression de ce "vide plein" sous la forme de cinq "souffles" qui se manifestent peu à peu en 5 éléments –air, eau, terre, feu et espace. Leur combinaison engendre une "soupe", un océan dont le barattage, sous l'effet de l'énergie initiale, produit les corps célestes, les continents, les montagnes, et finalement les êtres vivants. Voilà comment se forme un univers parmi l'infinité de ceux qui existent" nous affirme le biologiste et moine bouddhiste Mathieu Ricard("L'infini dans la paume de la main, du Big Bang à l'Eveil", Mathieu Ricard et Trinh Xuan Thuan , éditions Fayard, Paris, 2000). Quant à l'astrophysicien vietnamien Trinh Xuan Thuan, il précise : " la physique affirme que ce potentiel de manifestation est fourni par l'énergie du vide ". Et Ricard de poursuivre : "il s'agit d'une concrétisation apparente de cette énergie" . En d'autres termes, la matière est avant tout de l'énergie qui se manifeste dans le "vide" en "choisissant" un potentiel plutôt qu'un autre, en se manifestant sous une forme plutôt qu'une autre. Ces propos illustrent à merveille l'impression que l'on peut avoir sur le côté virtuel de la réalité : de l'énergie qui se manifeste en 3 D apparentes (plus la dimension temporelle) dans notre univers de matière. Une manifestation holographique en quelque sorte ? Pourquoi pas !

L'univers est-il un hologramme?

Qu'est-ce que d'abord qu'un hologramme ? Vous en avez peut-être déjà vu un. C'est une image en 3 dimensions souvent contenue dans un prisme et qui donne l'impression du relief. Un hologramme est fabriqué à l'aide d'un rayon laser qui se "dédouble" en passant à travers une surface semi-réfléchissante. Le rayon laser va donc "frapper" un miroir semi-transparent, semi-réfléchissant. Une partie du rayon sera reflétée vers l'objet que l'on veut projeter dans une "image à trois dimensions". Ce rayon scanne en quelque sorte l'objet puis va frapper par "rebond" la surface (le film) ou l'objet (par exemple un prisme) chargée d'accueillir l'hologramme. En même temps, la deuxième partie de ce rayon laser ne sera pas reflété par le miroir semi-transparent et donc le traversera. Cette deuxième partie du rayon laser appelé rayon de référence se dirigera tout droit vers cette surface d'impression ou ce prisme et y rencontrera le premier rayon laser qui a intercepté l'objet. C'est la rencontre des deux rayons qui restituera l'impression de 3 dimensions de l'objet. Très étrangement, si l'on coupe en deux ou en trois le prisme frappé par le laser et qui contient l'image en 3D (par exemple une fleur), on ne verra pas une fleur coupée en deux ou en trois mais bien deux (ou trois) représentations fidèles de la fleur. Chaque partie du prisme contient en lui l'intégralité des informations nécessaires qui permettront de rendre la totalité de l'image de l'objet tant qu'il est bien entendu frappé par le laser. Notre cerveau et surtout notre mémoire présentent des qualités holographiques. La mémoire fonctionnerait sur le même principe qu'un hologramme (peu importe qu'on enlève certaines parties de la "masse" cérébrale, la mémoire peut continuer de fonctionner), mais nous verrons cela plus loin. En fait, les hologrammes sont des projections d'énergie et de lumière qui apparaissent aux yeux de l'observateur sous la forme d'objets à trois dimensions alors qu'il s'agit en fait de vagues d'ondes qui prennent la forme illusoire de la 3D lorsqu'un laser intervient.

Les principaux architectes de cette idée étonnante selon laquelle notre univers serait une sorte d'hologramme sont incarnés par David Bohm , un physicien de l'Université de Londres et par Karl Pribram , un neurophysiologue à l'Université de Stanford qui s'est intéressé aux " langages du cerveau ". Tous deux sont arrivés à des conclusions similaires mais chacun dans sa propre discipline. Les deux hommes en arrivent à penser que notre univers, la matière mais également notre cerveau possèdent " d'indéniables propriétés holographiques ". Ce modèle holographique de l'univers explique à merveille, nous le verrons, les événements que nous qualifions de paranormaux (à défaut d'un autre terme plus valide) ou encore marqués par la synchronicité. Dans le modèle holographique, nous pouvons trouver des explications qui nous permettent de comprendre comment l'esprit peut influencer la matière. Pour ceux qui douteraient encore de l'existence de tels événements, les recherches et exemples mis en évidence par David Peatou David Bohm ou encore les expériences inombrables réalisées au laboratoire de Princeton ( Princenton Engineering Anomalies Research Lab) par le physicien Robert Jahn et la psychologue Brenda Dunne ont montré amplement que certaines machines peuvent être influencées par l'esprit d'êtres humains. Les théories et expériences visant à montrer qu'il existe un lien entre la matière et l'esprit sont très diversifiées et éloquentes. Ces mêmes expériences illustrent en vérité qu'il n'y a pas vraiment séparation entre ces deux domaines de l'esprit et de la matière ou du moins, que la séparation que nous avons établie, est purement artificielle. Citons par exemple la théorie des Psychons, sorte de particules quantiques hypothétiques émises par le cerveau, théorie qui tend à prouver que c'est la conscience qui contrôle et dirige le cerveau et non l'inverse. Mieux encore, le cerveau n'est pas le siège de la conscience, son moteur mais serait en quelque sorte une antenne, un récepteur ultra sophistiqué apte à servir d'intermédiaire avec nos 5 sens pour exprimer nos comportements et perceptions. Cela voudrait dire que notre conscience a besoin de notre cerveau pour se manifester, communiquer dans notre univers de matière. Mais cette même conscience peut exister "en dehors" du cerveau. Nous parlons ici de la survie de l'âme, de son potentiel d'éternité. Difficile à avaler pour les plus rationalistes d'entre nous. Dans l'expérience de John Eccles , prix Nobel, une personne plongée dans le noir et privée de tout stimulus doit tenter de détecter un attouchement à peine perceptible sur l'un de ses doigts. Or, les chercheurs ont observé après avoir répété un nombre suffisant de fois l'expérience sur un nombre statistiquement significatif de personnes que lorsque " la personne touchée se prépare à la détection, l'aire du cerveau correspondant au doigt s'active avant qu'il ne soit touché ". Citons en vrac les autres "hypothèses" et explication visant à montrer ce pont entre l'esprit et la matière : les univers supralumineux, le modèle holographique, les champs morphogénétiques, l'esprit holotropique, l'imaginaire neuronale etc… Nous n'examinerons évidemment pas l'ensemble de ces théories et recherches (elles méritent toutes un article) mais elles vont toutes dans le même sens : nous ne devons pas nous fier à l'impression que nous avons affaire à un univers purement physique, indépendant, isolé de notre esprit. Mais plutôt que nous sommes immergés dans une réalité virtuelle, holographique où tout est interconnecté. Comme le dit l'expression: " le monde et Dieu sont dans notre tête, pas à l'extérieur ". L'impression tangible que le monde est extérieur à nous est donc aussi une illusion, une sorte de programme de perception.

Revenons à notre modèle holographique et surtout à nos particules quantiques que nous avons évoquées au début de cet article. Pour Bohm tout comme pour Peat, l'idée que les particules élémentaires réagissent instantanément ensembles est un mirage. C'est une illusion non parce qu'elles communiquent entre elles à des vitesses supérieures à la vitesse de la lumière mais tout simplement parce que la notion d'espace (et donc de temps) qui sépare ces particules est en vérité une illusion. Une illusion certes très tenace, très solide mais une illusion quand même, une illusion inhérente au mode de fonctionnement et d'existence même de notre univers en 3 D apparentes (nous ne parlerons pas ici des autres dimensions hypothétiques pour ne pas compliquer notre propos). Bohm affirme qu'à un niveau plus profond de réalité, de telles particules ne sont pas des entités individuelles mais sont en réalité des extensions du même "quelque chose" essentiel, fondamental, d'une même particule. Il se demande si quelque part, au lieu d'avoir affaire à deux particules, nous aurions affaire à la même particule qui donnent l'impression de se "projeter" dans deux endroits distincts. Bohm livre une métaphore pour expliquer son point de vue. Imaginez un aquarium avec un poisson. Vous êtes dans l'incapacité de percevoir directement avec vos yeux l'aquarium en lui-même et la seule connaissance que vous avez de cet aquarium provient de deux caméras, l'une filmant la façade de l'aquarium, l'autre son côté. Vous voyez donc deux images sur deux moniteurs télés. Avec deux poissons. Deux images apparemment différentes du poisson puisqu'il s'agit de deux angles de vue différents. Et vous ne réalisez pas, de plus, que ces deux caméras filment le même aquarium et le même poisson. Vous vous apercevez que les deux poissons bougent exactement en même temps. En faisant les mêmes mouvements. Par quelle magie ? A moins qu'il ne s'agisse du même poisson filmé de deux angles différents et de deux caméras filmant les deux faces distinctes et apparemment séparées d'une même réalité. Si vous n'êtes pas au courant qu'il s'agit du même poisson, vous en conclurez que les deux poissons communiquent entre eux.

De cette image, Bohm affirme que l'observation des particules élémentaires constituant la trame de notre réel et évoluant par paires parfois séparées par d'immenses distances (certaines particules existent par paires comme les photons et par trois comme les quarks) nous occulte en fait l'existence d'une dimension cachée, sous jacente à laquelle nous ne sommes pas accommodés. Ces particules évoluent dans une autre dimension. Nous "voyons" ou plutôt percevons avec nos instruments de détection et de mesure ces particules subatomiques de façon séparée uniquement parce que notre perception du réelle est incomplète, tronquée, parce que nous ne percevons en fait qu'une partie de la réalité.

Les conséquences de ce modèle sont fabuleuses. Car si l'univers est la projection holographique de quelque chose, d'un autre réel auquel nous n'avons pas accès directement par nos 5 sens, cela veut dire que les éléments constitutifs de l'univers sont tous interconnectés à un niveau plus profond que nous ne pouvons pas déceler avec nos 5 sens holographiques. A un niveau plus profond, nous serions en quelque sorte reliés à toutes les choses dans l'univers, les étoiles dans le ciel, les océans, les poissons. Toute chose est interconnectée. C'est nous qui avons tendance à tout séparer, tout ranger en catégories, c'est une sorte de réflexe, de programme profondément inscrit en nous au cœur même de notre ADN, nous y reviendrons. C'est la cristallisation de nous-même et de notre univers dans cet hologramme qui nous donne l'impression très solide, très concrète que tout, dans la nature, même de la matière, est séparé par le temps et l'espace. Bohm, comme Einstein suggèrent : " nous devons nous souvenir que nous n'observons en fait pas la nature telle qu'elle existe réellement mais bien que cette même nature se révèle à nous, conditionnée par nos moyens de perception. Les théories détermineront ce que nous pouvons et ce que nous ne pouvons pas observer… La réalité est une illusion même si c'est une illusion persistante ".

Il nous affirme également : " Dans ce modèle holographique, chaque élément contient, tout comme dans un hologramme, la totalité de l'univers ". Le concept de totalité pour Bohm inclut en même temps l'esprit et la matière. Car pour revenir à l'image d'un prisme contenant une représentation holographique d'une fleur, si vous cassez le prisme en deux en trois ou en quatre, chaque élément contient la fleur dans sa totalité. L'image n'est pas localisée quelque part dans le prisme. Elle est potentiellement partout. Cela a l'air fou, mystérieux, magique. Mais les hologrammes obéissent simplement aux lois physiques, aux lois des particules et des objets quantiques. Les photons, qui sont à la fois particules et ondes, des "corps" de lumière émis par les atomes et l'ADN obéissent aux "lois" quantiques. Malheureusement, David Bohm, quoique doté d'un palmarès éloquent ne fut pas reconnu comme il aurait fallu par ses paires qui le considéraient comme trop "mystique". Quant aux "mystiques", il n'y en eut que très peu (exception notable de Krishnamurti , un incroyable personnage) qui acceptèrent de suivre ses subtils raisonnements physiques et métaphysiques.

D'autres modèles de représentation de l'univers

Il existe bien d'autres modèles de représentation de l'univers. A titre d'exemple, nous avons contacté l'astrophysicien Paul LaViolette qui semble ne pas assumer le modèle holographique, tout simplement parce que son modèle cinétique sub quantique se réfère à une autre vision de l'univers, une vision qui attache plus d'importance aux échanges d'énergies, aux systèmes dissipatifs et surtout au fait que l'univers, pour LaViolette est un système ouvert. Or, la vision holographique semble à première vue représenter l'image d'un système fermé, clos sur lui-même, auto suffisant. Et puis surtout, pour Paul LaViolettte, le modèle holographique est certes une image, une métaphore mais ce modèle évoque des systèmes optiques, des systèmes non-vivants. On comprend l'hésitation de notre chercheur à accepter d'extrapoler des constatations faites sur des modèles non-vivants –des images holographiques dans un prisme- vers l'univers du vivant, notre réalité. Ce saut brutal entre le non vivant et le vivant est-il justifié ? Certes, il y a les recherches de Pribram qui tendent à montrer que notre cerveau et notre mémoire, un système vivant, fonctionnent également comme un hologramme. Mais jusqu'où cette comparaison, cette image, cette représentation est-elle valable ? C'est la question que se pose Paul LaViolette. Il nous a déclaré dans un bref échange de courriers que nous avons eu ensemble : " Ce modèle émerge des recherches sur des systèmes non-vivants effectués dans le champ des recherches optiques. Le système cinétique sub-quantique (SQK, sub quantum Kinetic) d'un autre côté s'inspire de recherches sur les sciences de la vie, la biologie, les systèmes thermodynamiques non équilibrés et la chimie cinétique. Il n'y a pas de "rayon" de référence dans le modèle cinétique sub-quantique. La forme physique n'est pas dépendante d'une fréquence dans le modèle SQK. Même si le modèle SQK aboutit et partage certains concepts similaires au modèle holographique comme l'idée d'univers parallèle coexistant dans le même espace ou l'interconnexion d'espaces. A la place d'un rayon de référence, vous avez un éther en réaction et à la place d'hologrammes, vous avez des structures spatiales dissipatives. Pribram applique le modèle holographique à la fonction cérébrale. J'ai appliqué le modèle des systèmes ouverts au cerveau également, ce qui donne quelque chose de différent dans l'interprétation des fonctions cérébrales ". Nous nous attarderons à l'occasion d'un autre dossier sur les travaux de Paul LaViolette.

La mémoire est un hologramme également

Karl Pribram , le neurophysiologue de l'université de Stanford est lui aussi, dans sa propre discipline, arrivé à la même conclusion que l'univers est un hologramme, en travaillant sur la mémoire. Avec Bohm, ils ont tous deux abouti à la conclusion " que notre réalité physique est faîtes d'hologrammes qui nous donnent l'illusion de percevoir des objets en 3 dimensions alors qu'ils sont en fait rien de plus que des structures, des modèles composés par des ondes ". (Tales from the Time Loop , David Icke, Bridgle of Love). Pour revenir plus précisément à notre hologramme, le rayon laser qui frappe l'objet que l'on veut projeter en 3D va donc frapper sur une plaque photosensible, une "image vibratoire" de l'objet sur la plaque. L'autre rayon laser appelé rayon de référence va alors entrer en collision avec le rayon porteur de l'image induite. La collision ou la rencontre entre ces deux rayons va générer une "vague" d'interférence, un modèle d'interférence (un peu comme si les deux séries d'ondes concentriques créées sur un lac lorsque l'on y jette deux pierres à deux endroits différents se rencontrent. Là où les vagues, les cercles concentriques de la première pierre rencontrent les vagues en cercles concentriques de la seconde pierre naissent les vagues d'interférences). C'est à ce point de rencontre qu'émerge, grâce au laser, l'image en 3 dimensions de l'objet holographiques. De même, très étrangement, l'image formée sera non localisée à un endroit particulier mais partout et nulle part en même temps, comme si l'image ou l'information se propageait partout et nul part en particulier. Souvenez-vous du prisme contenant une image d'une fleur que l'on brise en deux ou en trois. Vous obtiendrez non pas une demi fleur ou un tiers de fleur mais une fleur entière dans chaque morceau du prisme. Curieusement, la définition de l'image sera moins bonne chaque fois que l'on coupe l'hologramme en deux.

Très grossièrement, on peut dire que notre cerveau et notre mémoire fonctionnent de la même manière. Notre cerveau lui-même travaille comme une sorte d'ordinateur holographique. La réalité se forme dans notre tête, à la conjonction de deux "champs d'ondes", celle émise par notre subconscient et celle émise par notre environnement extérieur et captée par nos 5 sens. De la troisième onde, résultant de la rencontre des deux précédentes, émerge la représentation que l'on se fait de notre environnement extérieur dans notre conscience. Les informations "enregistrées" dans notre mémoire ne sont pas stockées à des endroits particuliers mais bien plutôt " partout " dans le cerveau, comme un hologramme. Pribram a fait des expériences sur des rats sur lesquels il a pu démontrer cet aspect déconcertant de la mémoire. Peu importe les parties du cerveau du rat que Pribram enlevait par lobotomie, l'information mémorisée était toujours présente. En termes imagés, nos 5 sens et notre cerveau captent les vagues d'ondes, les champs d'ondes et de particules quantiques et les " reconstruisent sous la forme d'un hologramme, une image en 3 dimensions. En fait, la réalité matérielle n'existe que dans notre tête et nous ne faisons qu'un avec le monde ". " Tout est dans la tête " pourrait-on affirmer lorsque l'on résume les travaux de Pribram, Talbot et Bohm. C'est notre cerveau qui donnera un sens, une signification aux structures d'ondes de la réalité. Talbot, paraphrasant Pribram écrit à ce sujet: " Pour Pribram, le monde objectif n'existe pas, à tout le moins de la manière à laquelle nous sommes habitués de le percevoir. Ce qu'il y a "là-bas à l'extérieur" est un vaste océan d'ondes et de fréquences. La réalité prend une forme concrète à nos yeux parce que notre cerveau est capable de prendre en charge le brouillard holographique et le convertir en pierres, en morceaux de bois et en tout autre objet familier qui compose notre monde… En d'autres termes, la douceur d'une fine pièce de porcelaine chinoise ou la douce impression du sable fin sur une plage que nous foulons de nos pieds sont juste des versions élaborées du syndrome du membre manquant fantôme. Selon Pribram, cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas de porcelaine chinoise ou de sable fin. Cela signifie simplement que la tasse de porcelaine possède en elle deux aspects différents de sa réalité. Lorsqu'elle est filtrée par la sorte de "lentille optique" que représente notre cerveau, elle se manifeste sous la forme d'une tasse. Mais si nous pouvions faire abstraction de nos "lentilles", nous ferions l'expérience d'un champ d'interférence. Qu'est-ce qui est alors réel et qu'est ce qui est une illusion ? Les deux aspects sont réels ou encore les deux ne le sont pas ".

Quelque part, la métaphore d'une image télévisée fonctionne également. Avant tout, il s'agit de pixels, d'une série de coordonnées de points lumineux, d'ondes et de photons dans une image plane en deux dimensions. Notre cerveau la reconstruit en 3 dimensions. La réalité n'est finalement qu'une forme ultra sophistiquée d'image télévisée qui est construite dans et par notre conscience ou plutôt par notre subconscient qui jouerait le rôle de rayon de référence si l'on reprend l'image de l'hologramme. A côté des champs d'ondes holographiques de notre réel à 3 dimensions, nous devons également admettre que la réalité peut aussi se manifester sous la forme d'autres champs d'ondes sur des fréquences que nous ne percevons pas directement. Stanislav Grof , un spécialiste des états modifiés de conscience qui adhère lui aussi au modèle holographique est parvenu à montrer par ces travaux que ces autres réalités, les événements que nous qualifions de paranormaux, tout cela est relié et fait partie d'un vaste champ de réalités alternatives que nous pouvons percevoir que si nous nous " branchons " sur les bons canaux. Notre conscience, notre psyché ne se limite pas aux frontières strictes de notre cerveau mais elle peut voyager, explorer d'autres champs de réalité, voire d'autres consciences. C'est ce que Grof a nommé "l'esprit holotropique", un modèle où " la conscience peut explorer des vies antérieures, la conscience d'animaux, d'une planète ou du cosmos tout entier ". (lire: Stanislav Grof et HalZina Bennet , "The Holotropic Mind: The Three Levels of Human Consciousness and How They Shape Our Lives" Harper Collins 1992).

Les réalités alternatives

Mais nous pouvons encore aller plus loin car d'étranges phénomènes liés au corps humain tout entier semblent indiquer que ce dernier est une gigantesque "mémoire" qui n'est pas située quelque part dans le corps mais partout, à l'instar d'un hologramme. Preuve en est l'étude pratiquée par certains chercheurs sur les transplantations d'organes. Dans un article récent publié par les Dr Paul Pearsall , Gary Schwartz (tous deux professeurs de psychologie et de psychiatre à la Yale University) et Linda Russek (professeur de médecine à l'Université d'Arizona), ces pratriciens soulignent que l'on a pu observer des phénomènes étranges et des changements de comportements tout à fait bizarres auprès des transplantés: changements de comportements alimentaires, nouvelles passions inexpliquées pour telle ou telle activité artistique ou sportive, nouvelles phobies. Au départ, les médecins ont attribué ces troubles du comportement aux effets secondaires des médicaments donnés aux transplantés pour prévenir les désordres du système immunitaire. Mais l'on s'est aperçu que ces changements étaient liés aux personnalités des donneurs. William Novak , co-auteur d'un livre sur le sujet "A Change of Heart" spécule qu'il existe une mémorisation au niveau cellulaire ou encore " des mémoires cellulaires stockées dans les organes transplantés ". L'article de Nexus met en évidence des changements de personnalités parfois fondamentaux. Le corps humain ne peut être réduit à un complexe assemblage d'organes et ne se limite donc certainement pas à des réactions chimiques et électrochimiques mais doit être perçu comme un vaste système ouvert d'échanges d'énergies et d'informations. L'image offerte par le modèle holographique dans la mesure où la mémoire et la conscience ne sont pas localisées à des organes est très séduisante mais sachez qu'il existe bien d'autres modèles d'explication comme Gerry Zeitlin nous le fait remarquer indirectement dans son interview.

Qu'est-ce que la conscience ?

Si nous partons du point de vue que notre univers est holographique, est une représentation et une projection 3D de quelque chose de plus complexe (cette chose plus complexe résiderait et s'ordonnerait dans les champs morphogénétiques?), qu'est donc la conscience et l'intelligence d'un être vivant dans ce contexte? Quel est son lieu de résidence ? Uniquement dans le cerveau ? Sans cerveau, point de conscience ? C'est le point de vue de certains physiciens, philosophes et biologistes "mécanistes". Pour eux, l'esprit et la conscience sont des concepts inutiles "car la science est capable de rendre compte des comportements humains en se fondant sur les seules réactions électrochimiques du cerveau" (Synchronicité, un pont entre l'esprit et la matière, David Peat, Editions Le Mail). Des scientifiques qui se sont "amusés" à étudier des organismes très simples comme les vers marins, dotés d'un système nerveux élémentaire en ont conclu que l'on pouvait expliquer tous les comportements des vers par une série de réactions chimiques et électriques du réseau nerveux de la bête. Par conséquent, l'analogie avec l'homme peut-être faite, l'homme étant uniquement une mécanique infiniment plus complexe que le ver. " Les comportements les plus simples peuvent s'expliquer en fonction de processus matériels. Bien qu'il y ait un pas considérable à franchir pour extrapoler et passer du ver marin à l'humain, des neurologues prétendent que ce n'est qu'une question de degré de complexité. Autrement dit, le comportement humain pourrait être fragmenté en une série complexe d'éléments simples, chacun d'eux pouvant être associé à un processus électrochimique du cerveau. Il n'y aurait pas besoin de "deus ex machina" de l'esprit pour expliquer les comportements humains " a écrit David Peat au sujet de ces scientifiques "mécanistes". Bref, la conscience, l'intelligence ne comportent aucun mystère: il s'agit juste d'une série de décharges électriques et de réactions chimiques certes très complexes, infiniment complexes en apparence, mais en définitive simples et qui génèrent ce que l'on appelle notre intelligence. Pas besoin dans cette vision d'une "conscience" qui plane au-dessus du cerveau et qui s'en sert comme d'un réseau et d'une antenne pour vivre et élaborer de la pensée. La pensée n'est qu'une conséquence anecdotique de ces réactions électrochimiques, un "témoin" comme quoi le corps fonctionne. Triste vision que celle-ci qui fait de l'homme une pure machine mais qui a l'admirable vertu de rassurer des scientifiques qui ont besoin de montrer à l'homme qu'il n'est rien et que la science a tout pouvoir pour tout expliquer. Pour reprendre une analogie, une image que David Peat emploie dans son livre pour illustrer cette conception, on pourrait comparer l'homme à un ordinateur couplé avec une sorte de tableau de bord garni de petites lampes. Chaque fois que l'ordinateur "pense" et élabore des opérations de calculs, des petites lampes témoins s'allument à certaines vitesses pour rythmer les calculs et opérations effectués par l'ordinateur. Vu de l'extérieur, pour un observateur non averti, en regardant ces petites lampes, il dirait que l'ordinateur pense, s'active, en nous donnant le spectacle de son intelligence en train de fonctionner. La conscience de l'homme serait alors comme ces petites lampes, un épiphénomène des processus électroniques internes de la machine. Peat ajoute: "Ainsi soutiennent nos scientifiques, de même que le pancréas secrète un liquide pour aider la digestion de la nourriture, le système nerveux physique secrèterait la conscience pour signaler que le cerveau fonctionne. Ce signal aurait de grands avantages car il rendrait compte de l'état courant des diverses activités du cerveau et indiquerait ses modifications. Mais pas plus que les lampes de l'ordinateur ne dirigeraient son fonctionnement interne, ce signal ne dirigerait le cerveau physique ".

A cette vision très triste, réductrice, mécaniste de la conscience s'oppose une autre vision qui affirme que l'ordre des choses est bien trop complexe pour être résumé en une simple suite d'opérations purement logiques (événement A suivi de B suivi de C, chaque chose étant la conséquence logique de l'autre en une suite toujours prévisible). La mécanique quantique et l'étude de l'infiniment petit, des particules élémentaires nous apprennent au contraire à rester modeste, à nous dire qu'il est simplement idiot et vaniteux de pouvoir tout prévoir et résumer en une suite de réactions physiques, chimiques et électriques prévisibles. Il existe des principes dans la physique où l'aléatoire, le chaos, le non prévisible et en quelque sorte, pourquoi pas, le libre arbitre se révèlent être des principes fondamentaux. Il n'y a pas lieu de donner la prépondérance à la matière en estimant que la matière dirige tout (ou commande à la conscience qui ne serait qu'une chose accessoire). Il n'y a pas lieu de séparer ainsi artificiellement l'esprit de la matière, la conscience du cerveau comme si l'un n'avait pas d'influences sur l'autre. Tout est lié, interdépendant comme le montrent si bien certains autres chercheurs en "anomalies" et en mécanique quantique. Nous pourrions même oser une autre image : la matière est juste un niveau plus dense d'une même réalité dont fait partie la conscience qui elle, en est le prolongement à un niveau moins dense. Il y aurait des ordres subtils dans la matière. " Au lieu d'avoir besoin d'une hypothétique force de vie pour expliquer la vie, il s'avéra que l'on pouvait comprendre ce phénomène en admettant que la matière contienne une gamme d'ordres plus larges et plus subtils… Toute la notion de monde matériel a sans cesse été élargie en des champs de complexité et de subtilité de plus en plus grands jusqu'à nos jours où il est possible de spéculer que cet ordre continuera à être étendu de plus en plus profondément, sans limite " nous déclare David Peat. Exit la dépendance de la conscience à son soi-disant siège, le cerveau. D'une part, un grand nombre d'expériences ont montré que cette vision était fausse, d'autre part, toute une série d'événements que l'on qualifie de "paranormaux" (ou d'anomalies) comme la Synchronicité, mais aussi les expériences de décorporation, le remote viewing, et les NDE (near death experience) signifient que la conscience n'a pas nécessairement besoin de la "gelée" cérébrale pour fonctionner. On dirait que notre conscience a surtout besoin de cette gelée, de cette masse " circonvoluante " pour capter et émettre des informations dans le strict monde 3 D qui est le nôtre. C'est du moins l'hypothèse fascinante de NigelKerner que nous avons déjà évoquée à plusieurs reprises dans Karmapolis. Il va plus loin dans son livre (Song of the Greys) en montrant que le cerveau relié au squelette constitue une sorte d'antenne multidirectionnelle avec les bras, les jambes, la colonne vertébrale (une structure, un schéma de base que l'on retrouve chez tous les êtres vivants, de la fourmi au bœuf en passant par l'homme), une antenne capable de capter une multitude de signaux, de les filtrer, les traiter et émettre en retour pour communiquer et interagir avec l'environnement. Notre lien avec Dieu, la divinité ; à savoir la "qualité" du signal qui nous relie à notre créateur, serait altéré par la nature "entropique", chaotique de notre univers imparfait en 3D. Mais nous sortons quelque peu du propos.

Pour en revenir à l'hologramme, notre conscience a des propriétés holographiques et perçoit et analyse le monde et l'univers qui l'entoure comme une projection holographique. Nos yeux sont comparables au rayon laser de même que notre sens du touché, notre ouïe et notre goût. Cela peut sembler fou mais en vérité, Il n'y a pas de grandes différences entre ouie, touché, goût et odorat. Ce sont juste des capteurs et des niveaux différents de captation d'ondes, d'énergie et de "particules" (particules odorantes et gustatives, particules de lumière, photons qui viennent frapper la rétine etc.). Un aveugle arrive à modéliser dans sa conscience un objet par le touché et même avec la langue depuis que l'on s'est aperçu que la langue comportait un nombre incroyable de "capteurs" très voisins des capteurs oculaires. Le cerveau serait capable de modéliser, de se représenter un objet en 3 dimensions avec la langue si la personne était privée de ses autres sens. L'image de l'objet " capturée " par les "sens" (yeux, langue, touché etc.) est reconstruite dans notre tête et est partout et nulle part dans le cerveau. Comme un hologramme, elle n'est pas "stockée" dans une zone matérielle, "physique" et précise du cerveau. Cette image n'est pas l'objet mais une représentation virtuelle de l'objet. C'est dire à quel point la réalité est une chose fluctuante, irréelle, virtuelle, constituée surtout par de l'information. Une vraie Matrice ? C'est ce que nous allons voir dans la deuxième partie de ce dossier : à savoir comment tout ce système s'organise et fonctionne. Est-ce que l'on peut structurer et représenter notre univers sous la forme de ce modèle ? Bienvenue dans l'hypothèse Matrix.


L'univers est un hologramme
Deuxième partie

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interview David Icke

interview Gerry Zeitlin

Entrons maintenant de plein pied dans cette matrice puisque nous avons réussi à montrer que la réalité était une illusion. Et voyons jusqu'où il pourrait y avoir une manipulation des comportements humains. Bref, voyons à quoi sert cette Matrice et comment elle fonctionne.

La vision de David Icke

David Icke a "construit" une théorie fascinante sur l'univers, sur notre mode de perception. On peut déconsidérer Icke parce qu'il a une manière un peu abrupte et parfois caricaturale de présenter les choses et le moins que l'on puisse dire est qu'il ne prend aucune précaution oratoire ni aucun recul pour affirmer par exemple que la Reine d'Angleterre est une entité extraterrestre reptilienne, que le monde est dirigé par ces mêmes entités reptiliennes "extraterrestres" depuis toujours et qu'ils sont d'une certaine façon les "agents" Smith du film Matrix. Des agents faits pour surveiller, contrôler, renforcer et entretenir la matrice et notre adhésion à ce système. Après tout, il ne fait que rapporter ce que beaucoup d'autres, des témoins et des auteurs moins connus que lui affirment. Mais rien, absolument rien ne nous ôtera de l'idée que sa recherche sur la nature "prédatrice" de notre monde est pertinente. L'hypothèse "Matrix" qu'il défend s'appuie sur de nombreuses réflexions, spéculations et constatations scientifiques comme nous le voyons déjà. Voilà où il veut en venir.

La première chose que nous devons comprendre et nous ne pouvons qu'insister fermement sur ce point, c'est que notre réalité matérielle est une illusion. L'apparente vie "physique" des particules élémentaires constituant cette matière est une illusion car nous l'avons déjà souligné, ces particules élémentaires se comportent à la fois comme des ondes et comme des particules. Les instruments de mesure ne parviennent jamais à les localiser avec précision et on ne sait jamais si elles vont se manifester sous la forme d'une onde ou d'une particule. C'est ce que l'on appelle le "flou" quantique. La matière est donc une chose étrange, illusoire, en constant changement à son niveau microscopique. L'astrophysicienTrin Xhan Tuan paraphrasant Einstein l'explique très bien: " L'être humain est une partie du tout que nous appelons univers, une partie limitée par le temps et l'espace. Il fait l'expérience de lui-même, de ses pensées et de ses sentiments comme des événements séparés du reste, c'est là une sorte d'illusion d'optique de sa conscience. Cette illusion est une sorte de prison pour nous car elle nous restreint à nos désirs personnels et nous contraint à réserver notre affection aux personnes qui sont les plus proches de nous. Notre tâche devrait consister à nous libérer de cette prison en élargissant notre cercle de compassion de manière à y inclure toutes les créatures vivantes et toute la nature dans sa beauté ". Quant au physicien Schrödinger , il nous montre à sa manière que le réel, la matière est bel et bien une chose virtuelle : "il vaut mieux ne pas regarder une particule comme une entité permanente mais plutôt comme un événement instantané. Parfois, ces événements forment des chaînes qui donnent l'illusion d'être des objets permanents ". En d'autres termes, ce qui préexiste aux objets, ce sont les informations (composition de l'objet, longueur d'onde, force électromagnétique etc.). Prenons à nouveau une table comme exemple. Elle donne l'illusion de sa solidité, de sa stabilité. Elle ne disparaît pas, uniquement parce que les innombrables particules qui la composent ne peuvent pas disparaître et changer d'état toutes en même temps . Certaines particules de la table "changeront" de "nature", la table va s'éroder, vieillir mais la probabilité que toute la table s'évanouisse en poussière, "migre" dans une autre dimension est pratiquement si pas absolument nulle à cause de la cohésion (force atomique forte) des liens entre les particules élémentaires qui composent la table ainsi que de leur inertie. Néanmoins, on dira que cette "solidité" de la table n'est qu'une illusion car toutes les particules (un nombre incroyable) qui la composent sont des particules quantiques qui tantôt seront des ondes, tantôt des particules. Ces particules ont une existence indéterminée. La table neuve, vieille, abîmée, tous les états de la table coexistent. Ce n'est qu'à cause de la dimension du temps que nous avons l'impression que la table ne change pas d'apparence et que cette apparence est solide et stable. Il en va de même pour tous les objets, tous les phénomènes qui constituent notre univers. Tous ces objets sont avant tout de l'énergie et de l'information. Il en va de même pour les objets du macrocosme. Microcosme, macrocosme, tous les objets peuvent se résumer par cette phrase: " leur solidité n'est qu'un trompe l'œil: une question d'échelle dans l'espace et le temps… Un rêve qui dure 100 ans n'a pas plus de réalité qu'un rêve qui dure une minute… Notre façon de décrire le monde est conditionnée par le fait que notre expérience quotidienne ne nous permet de l'observer qu'à l'échelle macroscopique, laquelle jouit d'une plus grande stabilité. Il est fort probable que, si nous avions constamment le monde microscopique sous les yeux, nous attribuerions aucune solidité au monde extérieur. La perception que nous avons de ce monde dépend entièrement du point de vue selon lequel on se place " souligne le biologiste Mathieu Ricard. Pour reprendre l'image du film Matrix, si nous avions des microscopes électroniques à effet de tunnel (les microscopes les plus puissants) à la place des yeux, nous verrions les lignes de code qui constituent les images du réel qui nous entourent comme les héros du film qui n'ont plus besoin de voir la matrice en 3D pour la comprendre mais se contentent des lignes de code sur le moniteur. Un peu comme si nous étions capables de "voir" un jeu vidéo en 3 D rien qu'en lisant les codes de programmation. Nous verrions le réel non comme une suite d'objets solides mais uniquement sous forme d'ondes, de champs d'énergie, de particules. Comme Néo, le héros du film, nous serions alors peut-être capables de "miracles", c'est à dire de violer ces lois comme par exemple, de passer à travers les murs ou pourquoi pas de voler dans les airs. David Icke estime pour sa part que les grands mystiques et les Saints qui font des soi-disant miracles sont des personnes qui savent tout simplement lire et utiliser les lignes de codes et les énergies qui constituent le réel. Faire des miracles consisteraient non à "violer" des lois mais à percevoir les choses sous un autre angle, sous une autre dimension.

Nous sommes tous conditionnés

Deuxième point important de l'hypothèse "Matrix" de Icke : cette matrice, cette réalité virtuelle a d'autant plus de solidité, de force et de consistance que nous y adhérons tous. La réalité n'est pas une chose qui préexiste et qui s'impose à nous mais elle serait plutôt le fruit d'un consensus. La réalité prend le visage qu'elle prend parce que nous sommes en quelque sorte tous inconsciemment d'accord de la percevoir de la sorte. Où plutôt, notre subconscient (dont nous ne sommes pas vraiment maître) est conditionné socialement, culturellement pour percevoir le réel d'une certaine façon. Nous fabriquons la Matrice qui, en retour, nous conditionne et nous maintient dans ses filets de perception. Icke insiste avec véhémence –on le comprend- sur le rôle joué par les religions, la culture, les conventions sociales, les préjugés scientifiques dans la manière dont nous convenons ensemble de percevoir le réel. Rien de plus difficile de changer certaines idées bien arrêtées, certains courants de pensée comme les religions par exemple. Ces conventions et ces croyances sont d'autant plus fortes et importantes qu'elles sont le fruit d'un travail volontaire, prémédité, une authentique conspiration dont des sociétés secrètes diverses comme les Illuminati seraient les acteurs et auteurs principaux. Ces Iluminati seraient en fait les "agents", les programmes antiviraux envoyés par la Matrice pour que nous nous conformions à son programme. Si le terme " Illuminati " vous dérange et si vous considérez que ce groupe secret n'existe pas, mettez à la place l'image de l'autorité à laquelle votre perception du réel adhère. Cela marche aussi bien. Nous allons examiner le rôle de ces Illuminati un peu plus dans le détail dans le paragraphe relatif aux moyens de se sortir de ce piège apparent. Nous parlions donc de ces agents générés par cette Matrice "consciente". Pour Icke, il faut admettre un troisième postulat : cette Matrice est une chose "vivante", consciente d'elle-même et qui se fabrique elle-même. Elle est aussi sa propre source. Une idée pas si incongrue que cela puisque certains physiciens sont arrivés à ce constat également, nous le verrons aussi dans le paragraphe suivant avec le travail d'Amit Goswami , un physicien d'origine indienne. Le prolongement de cette idée selon laquelle la matrice naît d'un consensus de perception entre les êtres humains est que nous autres, êtres humains sommes les sources d'alimentation de cette matrice, les piles d'énergie en quelque sorte. Exactement comme le présente le film Matrix avec ces tours emplies de sarcophages contenant des corps humains plongés dans une stase et tous raccordés au même "jeu de réalité virtuelle". Nous sommes de la matière première pour la matrice.

Autre postulat : le temps est une illusion, une illusion suscitée uniquement par notre esprit lorsqu'il est piégé par la matrice. Point n'est besoin de montrer à quel point les physiciens ont découvert le côté tout à fait relatif, élastique, purement conventionnel et formel du temps. Il nous est difficile de percevoir ce que serait un univers sans temps tant nous y sommes accoutumés, conditionnés. Pourtant, le temps est relatif, variable. Il a plusieurs dénominations, plusieurs attributs selon les physiciens : on parle de temps relatif, de temps absolu, de temps imaginaire, de temps constant et conventionnel par exemple. Il peut même être déformé en présence de force gravitationnelle intense. Et "subjectivement", nous pouvons en faire l'expérience tous les jours : lorsque nous vivons un événement heureux, le temps passe à la vitesse de l'éclair jusqu'à ne plus exister. Nous parlons même d'expérience hors du temps. Alors qu'à l'inverse, un événement douloureux ou traumatique dure très longtemps. Lors d'un accident, certains ont eu l'impression que tout se déroulait au ralenti.

La peur comme moteur de la Matrice

Icke estime que la Matrice est une sorte de vortex temporel, c'est à dire une suite de boucles temporelles en forme de vortex, de tourbillons, qui nous piègent et nous poussent à adhérer à une répétition incessante d'expériences, souvent les mêmes, une répétition de vies que certaines religions ont nommé le Karma. Cette obligation de soi-disant nous incarner pour nous améliorer, expier des fautes serait encore une fois un piège de la matrice. La " Conscience " supérieure dont nous sommes le reflet n'a pas besoin d'une multitude de vies pour avoir de l'expérience ou pour "payer" ses erreurs. La Conscience de l'Un dont nous sommes issus n'a pas besoin d'apprendre, d'éprouver. Elle sait tout, nous affirme Icke. Le Karma, le paradis, l'enfer, le purgatoire, l'amélioration des âmes ou leurs chutes, tout cela ne serait que des pièges tendus par la Matrice pour nous y enfermer. Et c'est la peur, avant toute chose, qui est la "glu", la force d'attraction qui nous maintient dans la matrice et nous coupe de notre vrai potentiel. Certes, nous sortons allègrement du domaine scientifique mais ce prolongement d'un modèle physique de représentation de l'univers par un autre modèle plus métaphysique est vraiment évocateur. "La Matrice est un système qui se contient lui-même et qui a perdu le contact avec l'Infini qui existe au-delà de la réalité illusoire. En fait, seul l'Infini est, seul " Tout " est, il n'y a que le Tout qui peut être. Mais cela a été simplement oublié " souligne Icke. La répétition des mêmes événements, ces boucles temporelles que sont la matrice à ses niveaux les plus denses nous permet d'atténuer notre peur car nous aimons vivre dans un environnement stable, familier, limité. C'est en quelque sorte notre peur viscérale et en même temps programmée de l'inconnu qui nous pousse à adhérer avec force à la matrice. La peur comme ciment universel. " Etre dans la matrice, c'est une façon pour notre conscience de siffloter dans l'obscurité afin de se donner l'illusion confortable de la familiarité " affirme encore David Icke dans "Tales from the Time Loop". " Les êtres humains détestent les incertitudes. L'incertitude provoque l'anxiété. Pour réduire l'angoisse, si aucune structure factuelle est immédiatement disponible, les êtres humains en inventeront une ou accepteront une structure de réalité prête à l'usage et construite par les médias… Ces perceptions sont bien entendu des constructions totalement fictives " affirme justement Wilson Bryan Key dans "The Age of Manipulations" (Madison Books, USA, 1989). En d'autres termes, nous sommes vivement disposés à mettre de côté notre libre arbitre et notre réflexion pour adhérer à n'importe quelle recette de prêt "à vivre" ou explications et représentations du réel produites par les médias, pourvu que ces théories et recettes nous rassurent et mettent de l'ordre dans ce que nous ne connaissons pas. Ces manipulations, ces messages erronés mais jamais innocents, parfois grossiers, parfois subtils distillés par les média construisent le réel que nous percevons. Il est capital de percevoir cela, non avec un regard paranoïaque mais avec une autre motivation : celle d'une insatiable curiosité afin de ne jamais arrêté notre avis et notre regard sur les choses. Il convient de garder l'esprit le plus souple possible. Le mode de fonctionnement des médias, leur tendance au regroupement, à la centralisation, la façon dont l'autocensure fonctionne (la censure n'est pas vraiment nécessaire chez les journalistes. Ils se censurent eux-mêmes pour des raisons sociales, culturelles et économiques), tout cela mérite un dossier à lui seul. C'est d'ailleurs un des projets futurs de Karmapolis: les médias et le contrôle. Icke, dans son dernier livre (Tales from…) a soigneusement mis en évidence tous les éléments matériels et indices montrant que ce contrôle est effectif et totalement fondamental dans le mode de fonctionnement de la matrice. Pour comprendre jusqu'où va la Matrice, selon Icke, il faut se dire que non seulement la réalité est une illusion mais également que les lois de la physique, les lois de la vie et de la mort sont aussi des illusions. Des lois que notre corps et notre conscience respectent avec force parce que notre corps et notre conscience sont programmés, conditionnés pour les respecter. "L'infini n'a pas besoin de respirer ou de manger pour vivre… Il n'a pas besoin de lois de la physique… " s'exclame Icke. Nous pourrions en fait être au-delà de ces lois contraignantes si nous pouvions sortir de la Matrice.

Enfin et surtout, cette matrice est bien plus étendue que nous le pensons. Elle concerne et incarne non seulement notre réalité matérielle dense (l'ensemble de l'univers matériel) mais ce que les adeptes du New Age appellent les plans astraux supérieurs, les "paradis" religieux, autres enfers et purgatoires, des mondes moins denses certes, des mondes plus spirituels mais qui font toujours partie de la Matrice. Ce sont toujours des mondes consensuels créés par notre imaginaire collectif. Le concept même de réincarnation ainsi que de passage dans le purgatoire, d'arrivée dans un paradis, tous ces mondes transitoires sont également des pièges de la Matrice, des univers parallèles qui nous maintiennent collés à cette matrice, qui nous poussent à y adhérer. Se déconnecter de la Matrice consiste à adhérer à l'Infini. Une notion très vague, sur laquelle on ne peut fixer aucun mot, aucun visage, aucune matérialisation puisque ce monde est situé hors des concepts générés par la Matrice. " Les croyances New Age en une grande Fraternité Blanche universelle ou en un Ashtar Command communiquant avec ses élus sont des manipulations des boucles temporelles d'autres niveaux de la Matrice " souligne Icke qui nuance malgré tout le fait que les personnes s'intéressant au Nouvel Âge ou au "paranormal" vont malgré tout dans le bon sens en s'accoutumant à la notion qu'il existe d'autres niveaux de réalité que la stricte réalité matérielle dense. Mais c'est encore un piège de l'imaginaire.

Que pouvons-nous faire, contre quoi luttons-nous?

Avons-nous des moyens de lutte contre l'emprise de cette matrice apparemment toute puissante ? Que pouvons-nous faire ? A première vue, nous ne pouvons que subir. En allant plus loin, nous pouvons déjà nous dire que la première chose à faire est de prendre conscience : prendre conscience du côté illusoire de la réalité, se pénétrer à chaque instant du fait que nous vivons dans une réalité conditionnée par nos préjugés et par le "matraquage" d'idées, de propagande qui nous est imposé. La chose n'est pas évidente car tout dans notre société est fait pour nous "distraire" de l'introspection, de la concentration nécessaire pour cette prise de conscience. Tout, avec en première ligne la peur. La peur et le chaos jouent un grand rôle dans notre adhésion à la matrice comme nous l'avons déjà vu. De plus, nous sommes "dopés" constamment, poussés à vouloir éprouver des sensations fortes qui renforcent et nous accrochent à cette adhésion comme une drogue le ferait : de plus en plus d'intensité émotionnelle, de passions, de richesses, de stimuli sexuels (attention, n'ajoutez pas la dimension "morale" selon laquelle le sexe, la richesse etc… sont le "mal"), de plus en plus de violences. Nous vivons dans une véritable dictature de l'apparence dans laquelle les choses sont belles et bonnes si elles sont conformes à un modèle prédéfini, prémédité. Nous nous identifions tellement à ces modèles (très difficilement "atteignables") que le fait de ne pas y correspondre est bien souvent une source de souffrance et de sourde frustration. Modèles de richesse sociale, d'esthétique physique, de "richesses" intellectuelles. Nous sommes tentés de prendre bien souvent tout cela au tragique, au pied de la lettre. Nous nous identifions à nos manques, à nos souffrances, nous avons le sentiment de tellement les incarner que nous ne nous rendons plus compte de l'emprise de cette matrice, nous affirment certains philosophes et certains penseurs bouddhistes. Pour Icke, la représentation du monde par les média est un élément clé pour comprendre la nature de la conspiration. Raison pour laquelle les média ont tendance à se regrouper en gros cartels extrêmement puissants car autant parler d'une seule voix, autant dire la même chose en donnant l'illusion de la multitude et du choix (multiplication des chaînes de télé et des journaux). Big Brother n'est pas une parabole, c'est un fait "réel".

Certes, nous voudrions prendre de conscience de la nature illusoire du réel, du fait que ce réel est une convention mais cela suffit-il à changer la nature de notre vie au quotidien avec des résultats immédiats et concrets ? Je ne le pense pas mais au moins, cette prise de conscience y contribue, petit à petit, seconde après seconde. Comme le dit proverbe un peu idiot : " Rome ne s'est pas faite en un jour". Comme nous ne vivons pas seuls, en vase clos et que nous sommes tous interdépendants, nous pourrions nous demander s'il y a des possibilités de changements dans l'homme ? De plus, nous devons nous poser la question de savoir si l'être humain est fondamentalement ouvert au changement mais aussi à la bonté ?

L'homme est-il bon ?

Donc, l'homme est-il bon ? " Pour un Mozart, il y a des millions d'assassins ! " affirmait d'une manière sobre et dépitée l'un des concepteurs de la sonde Voyageur 2, porteuse d'un message destiné aux extraterrestres et qui doit leurs montrer qui nous sommes. Nous vivons dans un système fondé en partie sur l'agressivité, la prédation et le contrôle envers les autres formes de vie. Pourquoi? Parce que cela serait notre nature profonde ? En partie à cause de l'emprise de notre cerveau reptilien (ou cerveau R) qui fonctionne exclusivement sur le mode de la survie, nous affirment certains scientifiques. C'est notre cerveau reptilien qui serait responsable de nos comportements rituels, répétitifs, froids, détachés des émotions, insiste David Icke. L'héritage interne de la présence de ces reptiliens. Mais ce cerveau R n'est pas la cause de tout. Nous pouvons aussi imaginer que c'est parce que justement, nous sommes plongés dans un univers tronqué qui, en apparence, est un univers constitué de parties, un monde dual (positif-négatif, bien/mal, supérieur/inférieur et toutes les zones intermédiaires), séparé, fragmenté que nous ouvrons à chaque instant de notre existence la porte à la souffrance. Nous ne vivons pas dans un monde où nous ressentons profondément à chaque instant que tout est interdépendant, tout est lié, tout est UN. C'est à cause de ce sentiment de séparation, d'isolement, de parties (et même de ségrégation) que nous éprouvons le manque, la solitude, l'insécurité et en définitive, la peur, moteur de tous nos égarements. Notre pseudo certitude d'être plongé dans cette matrice qui nous isole les uns des autres génère en nous le besoin de contrôler, posséder, accumuler du pouvoir. Comme nous nous identifions à la matrice, nous sommes pratiquement incapables de percevoir que le monde est autre chose, qu'il peut être autre chose. Imaginons un instant que l'ensemble des êtres humains se mettait à changer fondamentalement de façon de penser et n'adhère plus à "la matrice". Il y a fort à parier que cette dernière se métamorphose, s'adapte à notre nouveau consensus. En un clin d'œil, nous pourrions faire "descendre" le paradis sur terre ou briser le sort hypnotique de cette matrice. Malheureusement, comme le fait remarquer David Icke, les médias, les "autorités", l'establishment scientifique et religieux se gardent bien de nous avertir de cela mais au contraire, renforcent à chaque instant nos sentiments de peur, d'insécurité et par conséquent notre besoin de contrôler, de posséder qui se traduit dans tous nos rapports humains. En instaurant ce chaos social qui agit comme une sorte de "bruit" continu, un fond émotionnel ininterrompu, l'establishment renforce alors son contrôle sur nos perceptions et nos destinées. Nous ne sommes pas maître de notre vie, nous ne sommes même plus maître de notre mort. Regardez la polémique qui a surgi aux USA à propos de l'euthanasie, au sujet de cette femme qui était en état végétatif depuis des années et que son mari a voulu débrancher. Georges Bush , si prompt à refuser parfois même avec plaisir et cynisme les demandes de grâces aux condamnés à mort (même les mineurs et les handicapés mentaux) lorsqu'il était gouverneur du Texas, s'est jeté sur l'affaire en refusant au mari de débrancher son épouse de la machine. Nous ne discuterons pas des tenants et aboutissants de cette affaire complexe et de l'opportunité ou non d'accorder l'euthanasie dans ce cas précis. Je pense en fait que Georges Bush se moque de la prolongation de la vie de cette femme. Ce qui importe pour le président des Etats-Unis et pour les néo-conservateurs est de signifier au monde et au peuple américain que l'homme n'est pas maître de sa vie et ce jusque dans sa mort. On nous envoie un message induit sans ambiguïté : nous sommes aux commandes et nous vous signifions que nous contrôlons tout. Même chose pour l'avortement. Ces gens qui veulent prohiber l'avortement ne le font pas parce qu'ils sont intimement convaincus d'être des pro life, des défenseurs de toute forme de vie. Mais bien parce qu'il s'agit d'intervenir une fois de plus dans un débat qui regarde l'intimité même d'une femme, celui de la capacité de donner la vie. Ils veulent nous montrer que tout est surveillé et contrôlé de la phase première de la vie (le début de la division cellulaire) à notre mort même si notre vie n'est plus que végétative.

Icke affirme à propos de la force de la matrice: " ils sont terrifiés par le fait que l'inconscient collectif humain puisse se réveiller et se souvenir qu'ils ont été programmés pour oublier. Les additifs alimentaires ainsi que ceux présents dans les boissons, les OGM, les médicaments de l'industrie pharmaceutique, les vaccins, la pollution électromagnétique, les messages subliminaux, la science, l'éducation, la manipulation médiatique et la suppression des médecines alternatives et des modes de pensées curatives alternatives, tout cela a été conçu avec un seul but en tête : hypnotiser la conscience humaine et déconnecter le corps et l'esprit de ses potentiels infinis… La suppression (de l'information) est en vérité bien plus puissante que l'endoctrinement ". Est-il possible, voire facile de se déconnecter de la Matrice ? Nous avons posé la question à Icke et il s'est montré assez ambigu. Car lorsqu'il affirme que la Matrice est devenue une sorte de Frankenstein, une créature qui a dépassé son créateur, il déclare en même temps que nous ne sommes plus maître du jeu. Il sous-entend que la Matrice nous domine et que nous sommes ses pantins. En tant qu'entité autonome, elle est capable de se défendre. Mais en même temps, par l'éveil progressif de nos consciences, nous serions capables de changer la Matrice. Se laissera-t-elle faire ? Nous laissera-t-elle faire ? Icke ne répond pas clairement à la question, du moins dans cette interview.

Une transe hypnotique

Pour Icke, la prise de conscience individuelle est déjà un premier pas pour sortir de cette matrice. Mais avant toute chose, il convient de prendre conscience que la matrice est surtout une sorte de transe hypnotique. Une transe qui "solidifie" notre réalité, lui donne sa consistance. Rien que notre état d'esprit a une influence sur notre corps, une influence mesurable et perceptible. Les travaux de Valérie Huntde l'université de Californie (UCLA) sur les mesures de champs d'énergie autour d'une personne ont montré que l'état émotionnel affecte la fréquence vibratoire du corps. Pour ceux qui en douteraient, les manipulations du comportement via les outils et technologies du Mind Control sont capables de faire croire à l'esprit des victimes qu'elles vivent dans un monde totalement différent du nôtre. Lisez à ce sujet notre enquête sur Monarch.

Pour ressentir intuitivement la force de cette matrice et le pouvoir des média sur la construction de notre réalité, faites la petite expérience suivante lorsque vous vous promenez en rue, de préférence une rue animée en zone urbaine : prenez une bonne et lente inspiration et imaginez calmement que vous êtes une sorte d'extraterrestre, que vous voyez le monde pour la première fois avec des yeux d'étrangers. Vous serez alors frappé par le nombre de signes d'interdiction, de panneaux publicitaires, tous porteurs du même genre de messages. Un nombre incroyable d'injonctions qui vous affirment en grandes lettres : "gagnez plus d'énergie, plus d'argent, soyez plus beau, plus grand, plus fort ". Ou encore "faites ceci, pas cela, ne stationnez pas ici mais là, payez, payez, à vendre, à louer, à céder, vous êtes ici et vous devez aller par là ". Tous les messages vont dans un sens identique : ils vous situent d'abord dans l'espace (panneaux indicateurs et directionnels) dans le temps (horloges digitales) et ajoutent que vous devez "posséder", posséder plus et plus. Produit après produit, envie après envie. Bien entendu, tout cela est normal pour nous. Ces messages sont tellement répétés que nous ne nous rendons absolument pas compte de leur influence et de leur portée sur nos comportements. Ces messages nous forment, sculptent notre conscience en quelque sorte et nous placent dans une sorte de transe hypnotique. Ce réel est une construction artificielle qui s'adresse à notre cerveau reptilien, le cerveau le plus primitif qui est celui de notre mode stricte de survie. Qui dit survie dit peur dit "avoir plus, posséder plus, manger plus". La société de consommation américaine est incroyable à cet égard : tous les aliments et boissons sont conditionnés dans des formats géants, les voitures sont énormes. Nous suivons cette pente en Europe. Par conséquent, comme nous ne prenons pas conscience de la nature artificielle et conventionnelle de la réalité, nous estimons qu'il s'agit d'un environnement normal, solide, tangible contre lequel nous ne pouvons rien faire, si ce n'est consommer, posséder, jouir et subir lorsque nous n'avons plus l'impression de contrôler. "Nous créons notre propre réel et nous sommes en plus persuadés que nous ne le faisons pas…Les gens ne réalisent pas qu'ils sont à la fois une sorte de toupie et la force qui fait tourner la toupie" ajoute Icke à cet égard. Il souligne avec insistance que nous sommes la source de cette matrice et que les Illuminati ou quelque forme que prenne l'autorité en tirent un large profit : " Nous créons notre réalité dans le sens où notre subconscient manifestent des champs de pensées que l'esprit conscient décode alors sous la forme d'illusions holographiques en 3 dimensions. Mais le contrôle de ces illusions provient des croyances de notre subconscient, croyances qui génèrent les champs de pensées que notre esprit conscient décode sous la forme de nos expériences quotidiennes. Les Illuminati et leurs "maîtres" d'autres dimensions savent pertinemment que s'ils peuvent programmer nos croyances dans notre subconscient, ils contrôleront les illusions de nos 5 sens… Tout se manifeste à partir de là…". Personne ne nous oblige à adhérer à cette constatation, à cette apparente conviction que Icke a en l'existence et la puissance des Illuminati. Illuminati est une appellation comme une autre pour désigner des niveaux plus centralisés et plus occultes d'autorité. Croire en la totale transparence du fonctionnement des autorités est encore une "croyance", une illusion qui dénote une ingénuité et une naïveté rare. Tous les scandales politiques et financiers, toutes les guerres nous ont démontré l'opacité totale des systèmes de pouvoir.

Libre arbitre et univers "auto" conscient

Dans le cadre de cette conception selon laquelle l'univers est une projection holographique de "quelque chose", nous allons tenter de définir ce qu'est ce "quelque chose". Ou à tout le moins, quelle est la base de notre univers 3 Dimensions ou plutôt 4Dimensions/5 sens ? En nous référant aux théories développées par Amit Goswami , un physicien d'origine indienne, nous découvrons que l'univers n'est pas purement mécaniste et qu'il est sous-tendu par un ordre très subtil. L'intéressé nous explique que nous sommes en présence de deux conceptions apparemment antagonistes. Expliquons-nous. L'univers de matière est constitué de cellules (pour le vivant), de composants chimiques et organiques qui eux-mêmes sont constitués de particules plus petites, les fameuses particules quantiques, à la fois particules et ondes. Tout phénomène serait donc la conséquence des réactions et interactions entre ces particules. De ce fait, nos comportements ne seraient rien d'autre qu'une suite d'opérations purement mécaniques dont nous dépendrions. Dans une telle perspective, notre liberté est une illusion : cette liberté " est seulement un épiphénomène ou un phénomène secondaire, secondaire au pouvoir causal de la matière ". C'est simplement parce que nous n'avons pas les instruments et la science nous permettant de "mesurer" et de prévoir le comportement de ces particules que nous croyons qu'elles sont imprévisibles. Si nous avions tous les instruments, nous pourrions tout expliquer, tout prévoir et nous ne serions que le fruit d'une simple mécanique très complexe certes, mais d'une vulgaire mécanique, comme un automate. Le hasard n'existerait pas dans une telle vision, il ne serait que "l'inconnaissable", ce que nous ne sommes pas capables de connaître à cause de nos limitations. Il n'y a donc pas de place pour la créativité et le libre arbitre dans cette vision absurde. Voilà l'hypothèse hyper matérialiste. La matière (avec l'espace et le temps) est le support de tout, même de la conscience. C'est ce que l'on appelle le "super paradigme matérialiste". Un modèle qui a la prétention de vouloir tout expliquer en affirmant que la conscience n'est rien mais en fait, c'est aussi un modèle qui se désintègre à la rencontre de la première anomalie quantique. Un modèle qui oublie un peu vite que la matière est une illusion en perpétuel changement dans un champ infini de possibilités. Heureusement, il y a, selon Goswani, une conception totalement inverse selon laquelle la conscience est à la source de tout et que l'étude des anomalies semble créditer. C'est d'abord la conscience qui met en route la matière et non l'inverse, nous affirme Goswani. La matière a donc une source, un support, un moteur qui serait la conscience. Selon notre physicien indien qui lui aussi fut impressionné par la découverte d'Alain Aspect (voir début du texte), " très tôt, on a découvert que les particules quantiques (constituant la matière et les "objets quantiques") n'étaient pas des ondes évoluant dans l'espace et dans le temps. En fait, on ne peut absolument pas les considérer comme des ondes dans l'espace et dans le temps car ces particules quantiques présentent des propriétés qui ne "collent" pas avec les ondes ordinaires. Alors, on a commencé à les considérer et à les identifier comme étant des ondes ayant des potentiels, des potentiels d'ondes, des possibilités d'ondes et ce potentiel est reconnu comme étant transcendant, au delà de la matière, quelque part… Les objets ont vraiment des connections au delà de l'espace et du temps ". En termes plus clairs, Goswami nous affirme dans cette interview donnée au site TWM (http://twm.co.nz/sitemap.html, un site vraiment indispensable mais en anglais) qu'au-delà de l'apparence de la matière, au niveau quantique, il y a un monde fait de possibilités, de potentialités, un monde qui ne s'est pas encore tout à fait manifesté, ou tout est encore indéterminé, où le libre arbitre règne, un monde qui est au-delà du temps et de la matière. Notre monde est sous-tendu par un niveau au-delà du temps et de la matière et constitué uniquement d'informations et de potentiels dont il est donc une projection. Cela ressemble fort à un monde de conscience, à ces fameux champs morphogénétiques ou encore au monde des Idées de Platon . C'est extraordinaire de penser que des philosophes de l'Antiquité comme Platon ou Démocrite avaient déjà des intuitions fulgurantes comme celles relatives aux mondes des atomes, des particules élémentaires, des univers virtuels. Sans outils scientifiques, sans microscopes électroniques, sans ordinateurs. Certains pensent que les philosophes de l'Antiquité avaient été mis en contact avec des civilisations hyper évoluées. Mais nous sortons du sujet. L'expérience d'Aspect nous montrait donc que les atomes émettent des photons, des particules quantiques qui réagissent entre elles instantanément. Donc plus rapidement que la vitesse de la lumière, ce qui était une impossibilité dans la théorie d'Einstein. Cela signifie que cette "communication" ou apparence de communication, de relation entre ces deux particules se fait à un autre niveau, au-delà du temps et de l'espace. Dans une autre dimension. Dans cette autre dimension qui n'est pas régie et étranglée par une mécanique liberticide, l'univers et les êtres qui le peuplent conservent alors le libre arbitre.

Autre argument en fonction du libre arbitre : le concept de flou quantique qui sous-tend l'univers. Le monde quantique ou plutôt, le comportement des particules quantiques qui est imprévisible a permis aux scientifiques de dire que l'on se trouvait dans un "flou quantique". Dans un tel univers, il est impossible de déterminer les causes précises des choses en une suite d'événements prédictibles : l'événement A donnerait toujours l'événement B qui donnerait toujours l'événement C etc. Dans le monde quantique, tout est incertain jusqu'à un certain degré. Bien entendu, si tout était totalement incertain, nous serions incapables de construire des machines électroniques par exemple. Si l'on extrapole les choses, les causes de l'univers sont donc multiples et échappent à cette idée d'une suite de causes mécaniques précises. " Le flou quantique réfute l'idée d'un univers totalement déterministe " affirme le "moine" biologiste Mathieu Ricard.

Se libérer de la Matrice?

Donc, nous avons un monde quantique où règne le libre arbitre, où tout est potentialité, tout est information. Ce monde sous-tend l'univers de matière c'est à dire la matrice, il en est la projection, le prolongement. Une projection sous forme de vortex, nous affirme Icke. La matrice est une entité consciente d'elle même, qui se régule elle-même, se crée elle-même et nous avons vu que cela était possible, intellectuellement et théoriquement envisageable, même sous l'angle de la pensée scientifique. Mais la matrice serait avant tout une erreur, une sorte de projection erronée d'un autre monde, celui de l'infini où tout est UN, tout est lié, insiste Icke. Nous faisons toujours partie de ce monde l'UN, nous n'en sommes pas déconnectés. Nous avons malheureusement oublié que nous y sommes toujours immergés ou plutôt reliés. Tout simplement parce que la matrice pareille à un tourbillon nous entraîne de plus en plus profondément dans ses boucles temporelles. Au plus, nous sommes entraînés dans une boucle située au centre du tourbillon, du vortex, au plus la pression est forte, au plus la réalité est "dense". Il y a donc des niveaux moins denses dans ce vortex, des boucles plus "éthérées", plus détachées de la matière et du temps. Ce serait ces autres réalités, ces autres "royaumes", ces autres plans "astraux" si l'on fait référence à des référents religieux ou new age. Mais c'est toujours la matrice. Le libre arbitre, le flou quantique nous indiquent également que nous avons la liberté de sortir de cette matrice même si cela nous semble impossible. Même si nous avons l'impression de nous marginaliser. Car notre lien avec le Tout, l'univers de l'UN, l'univers infini ne s'est jamais rompu. C'est un lien en dehors du temps et de l'espace et c'est justement le temps et l'espace déployés dans la matrice qui nous donnent l'impression d'avoir oublié ce lien, d'être déconnecté.

Visions sous Ayahuasca

Bien entendu, ce genre d'hypothèse nous propulse hors des modèles spéculatifs scientifiques connus et classiques. Il s'agit d'une représentation du monde dont Icke a eu la vision petit à petit mais qui a pris sa pleine cohérence après plusieurs rituels à l'Ayahuasca. L'intéressé estime que cette vision aurait pu surgir à l'aide d'un autre produit modificateur de conscience. Il n'attribue pas une qualité spécifique à la plante comme le font les adeptes des rituels du Santo Daime. Cet ancien gardien de but, vedette de foot, commentateur sportif souligne par ailleurs qu'il n'avait jamais pris de drogues auparavant et c'est en quelque sorte un mélange de hasard, d'intuition et de curiosité qui le poussèrent à se rendre au Brésil, à Manaus.

Revenons à notre matrice. Selon Icke, il convient de rester résolument optimiste en dépit des assauts répétés et de plus en plus violents de la Matrice. Cette dernière se sent en danger et l'accélération de certains événements autour de nous témoigneraient de la peur des "agents" de cette matrice de nous voir briser dans un jour proche le sort hypnotique qui nous a été lancé. Quant à savoir pourquoi, particulièrement en cette période de l'histoire, la matrice se sentirait-elle plus menacée et nous serions plus enclins à nous éveiller, nous supposons qu'il doit donner des réponses dans son tout dernier livre qui est sur le point de sortir au moment où nous rédigeons ces lignes.

Avec cette représentation du monde, Icke constitue un phénomène à part dans le conspirationnisme car il parvient à donner un ordre et un sens à tous les événements, faits et anomalies que l'on trouve dans ce drôle de petit monde de la conspiration. Les Illuminati, les Draco et autres reptiliens, les sociétés secrètes, le réseau Monarch et le "Mind Control", les Ovnis, les "manipulations" des cartels pharmaceutiques, toutes ces "anomalies" ont un sens dans l'univers de la matrice. Ces agents de la matrice agissent tous de concert pour nous maintenir enfermés dans la peur, les croyances et donc nous plonger un peu plus profondément sous leur emprise hypnotique. C'est parce que nous sommes en quelque sorte amnésiques et que nous avons oublié qui nous sommes et à quoi nous sommes reliés que nous errons dans un monde faits de croyances, d'idéologies, de préjugés, un monde conflictuel et chaotique. Tout est holographique et virtuel dans la matrice de Icke, même la génétique, même la maladie, même la souffrance et la mort. Même notre langage et nos expressions toutes faites reflètent des idéologies et nous conditionnent à percevoir le réel d'une certaine façon et donc à adhérer à la matrice. " Notre esprit fait l'objet d'un assaut continuel de messages subliminaux pour programmer notre réalité " souligne Icke.

Si nous comprenons profondément comment fonctionne la matrice, si nous savons lire "les lignes de code" de la Matrice, nous ne serons plus soumis à ses lois et c'est là que se situerait notre vrai liberté, notre authentique libre arbitre. Icke nous demande quelque part de percevoir et maîtriser le niveau quantique du réel.

Nous pouvons ne pas être d'accord avec la méthode de Icke qui consiste à élaborer un modèle en se basant uniquement sur une vision d'ordre quasi chamanique et en ayant fait une synthèse plus ou moins habile de spéculations scientifiques passionnantes. Icke ne fait pas partie du gotha scientifique et intellectuel, c'est le moins que l'on puisse dire. Mais cela n'enlève rien, à notre sens, à la qualité de ses intuitions. N'oublions pas que bon nombre de théories scientifiques qui se sont avérées valides par la suite ont été édifiées sur base de visions bien souvent au départ irrationnelles. Ceux qui connaissent bien le monde du conspirationnisme pourront admettre que le modèle de la Matrice de David Icke donne du sens à ce monde chaotique.

Karma one

Karma one - © Karmapolis - Avril 2005

Bibliographie qui a servi à rédiger ce dossier

  • "Synchronicité, un pont entre l'esprit et la matière"; F.David Peat , éditions Le Mail 1988
  • "L'infini dans la paume de la main, du Big Bang à l'Eveil", Mathieu Ricard et Trinh Xuan Thuan , éditions Fayard, Paris, 2000
  • "Psi", Erik Pigani , Presse du Châtelet, 1999
  • "Les chants de l'invisible", Bernard Martino , Editions Balland, 1990
  • "Tales from the Time Loop", David Icke , Bridge of Love , 2003
  • "The Holotropic Mind: The Three Levels of Human Consciousness and How They Shape Our Lives" Stanislav Grof et HalZina Bennet , Harper Collins 1992
  • "The Age of Manipulations", Wilson Bryan Key , Madison Books, USA , 1989.
  • "The Holographic Universe", Michael Talbot , Harper Perenial NY , 1992
  • "The Self Aware Universe", Amit Goswami , Penguin Putnam , NY , 1995
  • "The Holotropic Mind", Stanislav Grof , Harper San Francisco , 1990
  • sites internet: (http://twm.co.nz/sitemap.html, un site vraiment indispensable en matière d'articles sur la nature de la conscience et de l'univers. Sans oublier le site de notre ami Gerry Zeitlin, Open Seti qui présente également un modèle de représentation de la conscience. http://www.openseti.org/XARA/partables.html

Pour l'article sur les phénomènes de mémoires des organes dans les opérations de transplantation, lire le Vol 12, n°3, avril-mai 2005 de Nexus Magazine

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